Passer des intentions aux chantiers concrets. Ce mercredi 1ᵉʳ avril 2026, à Lomé, le processus de décentralisation togolaise a reçu un signal fort de la communauté internationale. Le ministre de l’Administration territoriale, le colonel Hodabalo Awaté, s’est entretenu avec Silvia Gallo, directrice régionale Afrique de l’Ouest de l’UNOPS. Au menu de ce tête-à-tête : une stratégie d’appui direct aux communes, avec un accent particulier sur les régions septentrionales du pays.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Cette rencontre bilatérale dépasse le simple cadre protocolaire. Pour le gouvernement togolais, il s’agit de transformer les mairies en véritables moteurs de croissance. Sous l’impulsion du chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, le pays cherche à consolider ses acquis en matière de gouvernance locale. L’expertise de l’UNOPS — agence onusienne spécialisée dans les infrastructures et les achats — apparaît comme le levier technique idéal pour concrétiser ces ambitions.

Le « Grand Nord » au cœur des priorités
La mission de Silvia Gallo ne s’est pas limitée aux bureaux climatisés de la capitale. En effet, la directrice régionale revient d’une immersion dans le nord du pays, une zone où les défis sécuritaires et socio-économiques imposent une présence accrue de l’État. En concertation avec les leaders communautaires et les autorités locales, des besoins urgents ont été identifiés.
Son objectif est donc clair : apporter des réponses rapides et visibles pour renforcer la résilience des populations. Cette approche de terrain permet d’ajuster l’aide internationale aux réalités géographiques du Togo, évitant ainsi le piège des solutions standardisées.

Trois piliers pour une décentralisation réussie
Par ailleurs, la future collaboration entre le ministère de l’Administration territoriale (MATGLAC) et l’UNOPS s’articule autour de trois axes fondamentaux :
- Appui aux infrastructures locales : améliorer l’accès aux services de base dans les zones reculées.
- Renforcement des capacités : outiller les élus et agents communaux pour une gestion transparente et efficace.
- Insertion professionnelle : miser sur la formation technique pour offrir des perspectives réelles aux jeunes ruraux.
En agissant simultanément sur ces leviers, les deux partenaires espèrent aussi créer un choc de développement capable de freiner l’exode rural et de stabiliser les zones fragiles.

Une porte d’entrée stratégique pour l’impact social
Le colonel Hodabalo Awaté a martelé l’importance du MATGLAC comme pivot de cette transformation. En tant que « porte d’entrée » des actions territoriales, le ministère assure la coordination entre la vision nationale et les besoins des 117 communes du pays.
Cette synergie avec l’UNOPS marque une nouvelle étape dans la diplomatie de développement du Togo. En s’appuyant sur des partenaires capables de livrer des projets d’envergure dans des délais courts, le pays s’assure que la décentralisation ne reste pas un concept abstrait, mais devienne une réalité palpable dans le quotidien de chaque Togolais.
Le défi de l’exécution
Si l’accord de principe est salué, le véritable test pour le duo Togo‑UNOPS sera celui de la vitesse d’exécution sur le terrain. Dans un contexte régional complexe, la capacité à transformer des financements en écoles, routes de desserte ou centres de formation sera le seul baromètre qui compte pour les populations. En plus, l’engagement pris ce 1ᵉʳ avril devra se traduire, dès les prochains mois, par des appels d’offres et des poses de premières pierres, notamment dans la région des Savanes où l’attente est la plus forte.




