La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) a effectué, ce vendredi 24 avril, une visite de terrain au sein de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). Entre ambition exportatrice et quête de souveraineté productive, Lomé cherche à convaincre son secteur privé national de s’approprier le chantier de l’industrialisation.
C’est un convoi de chefs d’entreprise, de banquiers, de représentants du patronat et d’opérateurs économiques qui a franchi, ce matin, les portes de la PIA. À leur tête, Kwassi Séménouh, président de la CCI-Togo, venu observer de près ce qui se présente comme le moteur de la transformation économique du pays. Plus qu’une simple visite de courtoisie, cette immersion, menée aux côtés d’Idiola Sandah, administrateur général du site, et des équipes de PIA SAS, s’apparente à un signal adressé aux capitaux nationaux.
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L’usine comme nouveau paradigme
La PIA ne se limite plus à un projet sur papier. Le long des artères bitumées de la zone, les infrastructures prennent forme. De l’unité textile Star Garments aux lignes de production de Vivace Group et General and DOP, la délégation a pu constater la concrétisation d’un changement de modèle. Désormais, le Togo ne veut plus seulement être un carrefour commercial, mais ambitionne de devenir une terre de transformation où la valeur ajoutée est produite localement.
Les échanges ont porté sur les opportunités d’investissement, le développement industriel et les synergies possibles avec le secteur privé national. Pour les acteurs économiques, l’enjeu consiste à comprendre comment s’insérer dans un écosystème encore perçu comme dominé par des investisseurs étrangers. Dans cette optique, la sous-traitance et le co-investissement ont occupé une place centrale dans les discussions.

Le port sec, nerf de la compétitivité
Le point culminant de la visite a sans doute été le port sec, infrastructure stratégique destinée à désengorger le Port autonome de Lomé. En rapprochant les services douaniers et logistiques des unités de production, permet de réduire les délais et les coûts. Cet outil logistique apparaît ainsi comme un levier clé pour renforcer la compétitivité des produits togolais sur les marchés régionaux.
Toutefois, pour Kwassi Séménouh et ses pairs, le principal défi reste celui de l’appropriation. L’industrialisation exige des investissements de long terme et une prise de risque que le secteur privé togolais, historiquement orienté vers le commerce, doit encore intégrer. Néanmoins, la qualité des infrastructures présentées et la richesse des échanges semblent avoir dissipé certaines réticences.

Vers une industrialisation « Made in Togo »
En définitive, cette visite à Adétikopé marque une étape importante dans le dialogue public-privé. En ouvrant ses portes aux industriels locaux, la PIA entend démontrer qu’elle ne constitue pas une enclave, mais un véritable catalyseur de croissance au service de l’économie nationale.
L’ambition du gouvernement de faire du Togo un hub industriel à l’horizon 2030 repose désormais sur une équation claire : la capacité du secteur privé national à s’engager pleinement dans cette dynamique. À Adétikopé, le cadre est posé ; reste aux entrepreneurs togolais de s’en saisir pour que le « Made in Togo » devienne la norme plutôt que l’exception.




