Politique




Togo : L’opposition (ANC) boycotte les célébrations de l’indépendance du 27 avril

                À l’approche du 66ᵉ anniversaire de l’accession à la souveraineté internationale, l’Alliance…

                À l’approche du 66ᵉ anniversaire de l’accession à la souveraineté internationale, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) a annoncé son refus de participer aux festivités officielles du 27 avril. Le parti de Jean-Pierre Fabre dénonce une dérive autoritaire et appelle à une « vraie » indépendance.

Alors que Lomé se pare de ses couleurs nationales pour les préparatifs du traditionnel défilé militaire et civil, une voix discordante s’élève depuis le siège de l’opposition. L’ANC a fait savoir, le lundi, qu’elle ne s’associerait pas aux célébrations officielles de la fête de l’indépendance. Dans ce contexte, marqué par la récente réforme constitutionnelle ayant fait basculer le pays vers un régime parlementaire, la décision prend une dimension symbolique forte.

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« Ce sera sans nous. »

Pour la formation orange, l’heure n’est pas aux réjouissances. Eric Dupuy, porte-parole de l’ANC, a justifié ce boycott en fustigeant ce qu’il qualifie d’« indépendance de façade ». Selon lui, les idéaux des pères de l’indépendance de 1960 — le « Travail, la Liberté, la Patrie » — seraient aujourd’hui vidés de leur substance par un système qu’il juge verrouillé. Par ailleurs, le parti réclame un retour aux fondamentaux démocratiques avant toute parade protocolaire :

  • Une transparence électorale accrue ;
  • Le respect strict des libertés publiques et de manifestation ;
  • Une gouvernance rendant réellement compte aux citoyens.

« Participer à ces cérémonies reviendrait à cautionner un simulacre de démocratie », explique-t-on dans l’entourage du parti. L’ANC estime que la souveraineté d’un peuple ne se mesure pas au faste des défilés, mais à la capacité des citoyens à choisir librement leurs dirigeants. Ainsi, le boycott s’inscrit dans une logique de contestation plus large.

 

66ᵉ anniversaire : l’opposition refuse les célébrations, le gouvernement appelle à l’unité

Ce boycott n’est pas une première pour l’opposition togolaise, mais il intervient cette année dans un contexte de rupture profonde. En outre, depuis l’adoption de la nouvelle Constitution en 2024, qui permet  Faure Essozimna Gnassingbé, de devenir président du Conseil — un poste qui lui permet de se maintenir au pouvoir sous une nouvelle forme de gouvernance — le fossé entre le pouvoir et ses détracteurs s’est élargi.

Cependant, le gouvernement rejette ces accusations et appelle à l’unité nationale autour de la thématique de la « résilience et de l’ambition ». Pour les autorités, le 27 avril doit rester un moment de cohésion sacrée, au-delà des clivages partisans. Toutefois, entre la fierté d’une nation qui célèbre son parcours et les revendications d’une opposition qui se sent exclue du jeu politique, l’indépendance du Togo continue, soixante-six ans après, de faire l’objet d’une bataille de récits acharnée.

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