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Le Togo achète 4 avions Super Tucano pour sécuriser ses frontières Nord

                   Face à l’enracinement de la menace djihadiste dans la région des…

                   Face à l’enracinement de la menace djihadiste dans la région des Savanes, Lomé a finalisé l’acquisition de quatre avions d’attaque légère A-29 Super Tucano auprès du constructeur brésilien Embraer. En effet, un investissement stratégique estimé à 70 millions d’euros vise à reprendre l’initiative dans le ciel septentrional.

 

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Le ciel du nord du Togo s’apprête à changer de visage. selon plusieurs sources concordantes confirmant une information qui circulait depuis la fin de l’année 2024, le gouvernement togolais a porté son choix sur l’avionneur brésilien Embraer pour moderniser son aviation de combat. Ce contrat, dont le montant avoisinerait les 70 millions d’euros, porte sur la livraison de quatre appareils A-29 Super Tucano, des avions de conception robuste spécifiquement taillés pour les théâtres d’opérations asymétriques.

 

Une réponse chirurgicale à la menace JNIM

L’acquisition de ces vecteurs aériens n’est pas un luxe de parade. Depuis 2023, la préfecture de Kpendjal, à la frontière avec le Burkina Faso, subit une pression constante des groupes liés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Pour l’état-major togolais, l’enjeu est de combler un déficit de surveillance et de puissance de feu dans une zone de savanes et de forêts où l’ennemi joue de sa mobilité.

Le Super Tucano s’impose comme l’outil idéal pour cette « guerre de l’ombre » :

  • Autonomie record : capable de patrouiller plus de 8 heures, il offre une permanence en l’air indispensable pour la surveillance des frontières. De surcroît, cette endurance réduit les temps morts entre les missions.
  • Agilité technique : il peut décoller et atterrir sur des pistes sommaires ou non revêtues, un atout majeur pour les bases avancées du nord.
  • Capacité de frappe : Équipé de blindage en Kevlar et capable d’emporter des roquettes et des bombes guidées, il peut fournir un appui feu immédiat aux troupes au sol prises en embuscade.

 

La stratégie du saut technologique

Avec cette commande, le Togo rejoint le club des pays africains (comme le Nigeria ou le Mali) ayant misé sur cet appareil pour leurs opérations de contre-insurrection. Jusqu’ici, l’armée de l’air togolaise s’appuyait sur une flotte vieillissante d’Alpha Jet et d’hélicoptères Gazelle. Dès lors, l’arrivée des A-29 marque un saut technologique : cockpit compatible avec les jumelles de vision nocturne, systèmes de communication cryptés et capteurs optroniques de dernière génération.

Si Lomé n’a pas encore fait de déclaration officielle — tradition de discrétion oblige sur les dossiers militaires —, la signature de ce contrat avec un « client africain non identifié », mentionnée par Embraer en décembre 2024, ne laissait que peu de doutes aux experts de défense. Ainsi, les observateurs ont rapidement relié cette annonce aux besoins opérationnels du Grand Nord.

 

Un tournant dans la guerre au Nord ?

Sur le terrain, l’intégration de ces appareils pourrait modifier le rapport de force. En privant les groupes armés de leur liberté de mouvement diurne et nocturne, les FAT (Forces Armées Togolaises) espèrent sécuriser durablement les populations civiles du Grand Nord.

Par ailleurs, les observateurs s’attendent à une réduction des embuscades et à une meilleure protection des axes de communication. Cependant, ils rappellent que l’arme aérienne n’est qu’un volet d’une réponse qui se veut aussi sociale et administrative pour tarir les sources du recrutement djihadiste. À cet égard, des mesures de gouvernance locale et de développement restent indispensables pour consolider les gains militaires.

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