Succession à l’ONU : qui remplacera António Guterres ?

Le successeur d'António Guterres ne sera pas seulement un diplomate chevronné. Il devra incarner la crédibilité des Nations unies dans…

Le successeur d’António Guterres ne sera pas seulement un diplomate chevronné. Il devra incarner la crédibilité des Nations unies dans un monde marqué par les guerres, les fractures géopolitiques et la défiance envers les institutions internationales. Alors que la course entre dans sa phase décisive, une exigence s’impose : le prochain secrétaire général devra être une personnalité au parcours irréprochable, capable de fédérer sans susciter de soupçons sur son intégrité ou son indépendance.

La compétition pour prendre les rênes des Nations unies a franchi une étape majeure jeudi 23 juillet 2026. Réunis au siège de l’organisation à New York, les six candidats officiellement déclarés ont présenté leur vision de l’avenir de l’ONU devant les États membres et des représentants de la société civile.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Cet exercice public, devenu un rendez-vous incontournable du processus de désignation, dépasse largement la simple présentation de programmes. Il constitue un test de crédibilité pour celles et ceux qui aspirent à diriger l’organisation internationale la plus influente au monde.

DR
© DR

Un poste où la confiance est un capital diplomatique

Le secrétaire général de l’ONU occupe une fonction unique sur la scène internationale. Ni chef d’État ni représentant d’une puissance, il est avant tout le gardien de la Charte des Nations unies, le médiateur des crises internationales et la voix morale de l’organisation.

Son influence repose moins sur un pouvoir coercitif que sur la confiance que lui accordent les États. C’est pourquoi son indépendance, son intégrité et sa capacité à dialoguer avec toutes les parties sont déterminantes.

Dans un contexte marqué par les conflits en Ukraine, au Moyen-Orient, au Soudan ou encore dans plusieurs régions d’Afrique, le futur secrétaire général devra convaincre qu’il peut parler à tous les acteurs. Il est particulièrement important qu’il ne soit pas perçu comme le relais d’intérêts nationaux ou géopolitiques.

Cette dimension explique pourquoi de nombreux observateurs estiment que la fonction doit revenir à une personnalité dont le parcours est exempt de reproches majeurs et dont la réputation inspire le respect sur tous les continents. Une telle exigence ne garantit pas le succès des médiations, mais elle renforce la légitimité de celui ou celle qui les conduit.

DR
© DR

Six profils pour une même ambition

Parmi les prétendants figure l’ancien président sénégalais Macky Sall, qui a mis en avant ses douze années à la tête du Sénégal ainsi que son expérience à la présidence de l’Union africaine. Il a également rappelé les démarches entreprises auprès des présidents Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine afin de limiter les conséquences de la guerre en Ukraine sur les pays africains, notamment en matière d’approvisionnement en engrais.

Face à lui, cinq autres personnalités présentent des parcours internationaux solides : Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ; Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique ; Rebeca Grynspan, économiste et dirigeante onusienne ; María Fernanda Espinosa, ex-présidente de l’Assemblée générale de l’ONU ; et Carolyn Rodrigues Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana.

Les échanges ont également ravivé le débat sur l’éventualité de voir, pour la première fois depuis la création de l’organisation en 1945, une femme accéder au poste de secrétaire générale.

DR
© DR

Le Conseil de sécurité, arbitre de la première sélection

Après cette séquence publique, la compétition se déplace désormais vers le Conseil de sécurité, véritable centre de gravité du processus. Ses quinze membres devront dégager un consensus autour d’un seul nom. Les cinq membres permanents — Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie — disposent chacun d’un droit de veto susceptible de bloquer n’importe quelle candidature, même largement soutenue.

À leurs côtés siègent cette année dix membres élus : Bahreïn, Colombie, Danemark, Grèce, Lettonie, Libéria, Pakistan, Panama, République démocratique du Congo et Somalie. Pour obtenir une recommandation, un candidat devra recueillir au moins neuf voix favorables sans subir le veto d’un membre permanent.

Un choix aux conséquences mondiales

Le Conseil de sécurité transmettra ensuite à l’Assemblée générale des Nations unies le nom du candidat qu’il aura recommandé. Les États membres procéderont alors au vote final à la majorité en septembre 2026 afin de désigner le prochain secrétaire général de l’ONU. Par ailleurs, cette désignation façonnera la capacité de l’ONU à intervenir dans les crises, à défendre le multilatéralisme et à préserver sa crédibilité auprès des États comme des opinions publiques.

Dans un environnement international de plus en plus polarisé, le futur secrétaire général sera attendu non seulement pour ses compétences diplomatiques, mais aussi pour son autorité morale. Car la force de cette fonction réside avant tout dans la confiance qu’elle inspire, une confiance qui repose sur l’intégrité, l’impartialité et un parcours capable de résister à l’examen de la communauté internationale.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP