À Lomé, les acteurs du système d’assurance de la Carte Brune CEDEAO ont réfléchi à la meilleure méthode pour accélérer la transformation numérique, afin de rendre le règlement des sinistres plus rapide, plus transparent et mieux adapté à l’intensification des échanges dans la région.
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Un accident de la circulation au‑delà d’une frontière ne devrait pas se transformer en parcours administratif sans fin. Pourtant, dans l’espace communautaire ouest‑africain, le règlement des sinistres transfrontaliers reste confronté à des procédures complexes, à des délais parfois longs et à des échanges de données encore largement perfectibles. C’est précisément à ce défi que les professionnels de l’assurance ont tenté de répondre à Lomé.
Du 3 au 6 août 2026, l’Hôtel Sarakawa a accueilli la deuxième réunion de zone du Système d’assurance de la Carte Brune CEDEAO. Placée sous le thème « Numérisation de la gestion des sinistres : améliorer l’efficacité, la transparence et le règlement transfrontalier des sinistres dans le cadre du Système d’assurance de la Carte Brune CEDEAO », la rencontre a mis au premier plan une question devenue incontournable : comment utiliser le numérique pour rapprocher les mécanismes d’assurance des réalités de la mobilité régionale ?
La question dépasse largement la modernisation des outils de travail des compagnies d’assurance ; elle touche directement à la confiance des usagers dans les mécanismes d’intégration régionale. Lorsqu’un véhicule assuré dans un pays est impliqué dans un accident dans un autre État membre, la gestion du sinistre mobilise plusieurs acteurs et peut nécessiter des échanges entre différentes juridictions et institutions. Dans ce contexte, la circulation rapide et sécurisée de l’information devient déterminante.
C’est pourquoi la transformation numérique apparaît comme un levier capable de réduire les lenteurs, de faciliter le suivi des dossiers et de renforcer la traçabilité des opérations. Elle peut également permettre aux différents acteurs de disposer d’informations plus fiables et accessibles, tout en limitant les risques liés aux traitements administratifs fragmentés.
À l’ouverture des travaux, le ministre togolais de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean‑Marie Koffi Ewonoule Tessi, a clairement placé cette évolution au rang des priorités. Pour le ministre, la transformation numérique « n’est plus une option, c’est un impératif ». L’objectif affiché est de parvenir à des procédures plus simples, des délais de traitement réduits, davantage de transparence et une meilleure satisfaction des assurés et des victimes.
L’un des enjeux majeurs de la réunion de Lomé réside également dans la capacité des États et des professionnels à parler le même langage numérique. La présence de représentants du Système d’assurance de la Carte Jaune du COMESA, notamment de son directeur général, a donné à la rencontre une dimension qui dépasse le seul cadre ouest‑africain. Elle a ouvert la voie à un échange d’expériences entre deux mécanismes régionaux confrontés à des problématiques similaires : mobilité transfrontalière, indemnisation des victimes et coordination entre acteurs nationaux.
Cette participation traduit une conviction : la digitalisation ne produira pleinement ses effets que si elle s’accompagne d’une harmonisation des pratiques. Ainsi, il ne suffit pas de numériser les procédures existantes. Il faut également réfléchir à la compatibilité des systèmes, à la sécurisation des données, à l’interopérabilité des plateformes et à la capacité des différents acteurs à échanger rapidement les informations nécessaires au traitement des dossiers.
La Carte Brune face à une mobilité régionale croissante
Créée pour accompagner l’intégration régionale, la Carte Brune CEDEAO constitue un instrument essentiel de protection des automobilistes et des victimes d’accidents de la circulation impliquant des véhicules circulant au‑delà de leur pays d’immatriculation. Son rôle prend une importance particulière dans une région où les déplacements de personnes et de marchandises sont vitaux pour l’activité économique. Transporteurs, commerçants, voyageurs et touristes franchissent quotidiennement les frontières communautaires.
Dans ce contexte, l’efficacité du système d’assurance ne relève plus uniquement de la sphère technique ; elle participe directement au fonctionnement du marché régional et à la libre circulation. Une indemnisation plus rapide et mieux coordonnée peut ainsi contribuer à réduire les conséquences économiques et humaines d’un accident transfrontalier.
Le véritable test : passer des intentions aux résultats
La rencontre de Lomé intervient donc à un moment où le secteur doit transformer les ambitions numériques en solutions concrètes. L’enjeu sera désormais de traduire les échanges et les recommandations en mécanismes opérationnels capables de produire des résultats mesurables : réduction des délais, amélioration du suivi des dossiers, renforcement de la transparence et meilleure coordination entre les bureaux nationaux et les compagnies d’assurance. C’est sur ce terrain que la réussite de la transformation numérique sera véritablement jugée.
En ouvrant officiellement les travaux le 4 août, Jean‑Marie Tessi a appelé à construire des institutions « plus réactives, plus efficaces et plus résilientes ». Une ambition qui résume le défi auquel est confronté le Système d’assurance de la Carte Brune : faire du numérique non pas une simple vitrine technologique, mais un outil concret au service des victimes, des assurés et de l’intégration régionale.
La réunion de Lomé devrait déboucher sur des recommandations visant à renforcer un système d’assurance capable d’accompagner une Afrique de l’Ouest plus connectée, plus sûre et plus intégrée.
En marge de cette rencontre, le ministre Jean‑Marie Koffi Ewonoule Tessi a reçu un diplôme d’honneur, saluant près de vingt‑cinq années d’engagement au service du secteur des assurances. Une distinction qui a marqué la dimension institutionnelle de cette rencontre, alors que l’assurance transfrontalière s’ouvre à l’ère numérique.
La réunion de Lomé a montré que l’avenir de la Carte Brune CEDEAO repose désormais sur sa capacité à transformer la promesse numérique en résultats concrets : des sinistres réglés plus vite, une transparence accrue et une intégration régionale rendue tangible par l’efficacité des mécanismes d’assurance.
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