À Klabè-Efoukpa, le 30 juillet dernier, l’histoire coutumière a rencontré l’autorité de l’État. Sur le terrain de l’École primaire publique groupe A, les acclamations de la foule ont accompagné un geste à la fois symbolique et institutionnel : la remise du décret reconnaissant officiellement la désignation de monsieur Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V comme chef du canton.
La cérémonie, présidée par le Gouverneur de la région des Plateaux, le général Dadja Maganawe, n’avait rien d’une simple formalité administrative. Elle consacrait publiquement une succession décidée selon les règles coutumières, puis validée par les pouvoirs publics.
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Autour du nouveau chef de canton s’étaient réunies autorités administratives et politiques, responsables religieux, forces de défense et de sécurité, mais surtout une population venue en nombre. Dans cette mobilisation, c’est tout un territoire qui semblait vouloir affirmer son attachement à ses repères traditionnels.
De la décision du conseil des sages à la validation républicaine
Avant de parvenir entre les mains du nouveau chef de canton, le décret a suivi un processus qui associe tradition et institution républicaine. Le conseil des sages a d’abord procédé à la désignation du garant des us et coutumes. La décision a ensuite été soumise à l’exécutif, qui l’a validée.
La remise du décret vient ainsi donner une reconnaissance officielle à une autorité dont la légitimité trouve d’abord son origine dans la communauté. Cette articulation entre les mécanismes coutumiers et la reconnaissance de l’État constitue le cœur de la cérémonie. Les traditions conservent leur place dans l’organisation sociale, tandis que l’autorité nouvellement désignée s’inscrit dans le cadre des lois de la République.
Lorsque le décret lui a été remis, les applaudissements ont laissé place à un autre moment fort : celui de l’engagement. Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V a promis de servir sa communauté avec fidélité et justice. Il a également affirmé son attachement aux lois de la République et sa volonté de travailler avec la population.
Son discours d’engagement dessine ainsi une feuille de route qui dépasse la seule fonction traditionnelle. Le nouveau chef entend faire de son autorité un instrument de rapprochement plutôt qu’un facteur de division.
Vivre ensemble, cohésion sociale, dialogue, partage d’idées et fraternité figurent parmi les priorités affichées par le nouveau garant des us et coutumes.
Dans une société où les mutations sociales transforment progressivement les rapports entre générations, la fonction de chef traditionnel conserve une dimension particulière. Elle ne se résume pas à la conservation des rites et des pratiques ancestrales. Elle peut également devenir un espace de médiation, de dialogue et de recherche de compromis au sein de la communauté.
À Klabè-Efoukpa, le nouveau chef de canton est donc désormais placé devant une double exigence : préserver l’héritage transmis par les anciens tout en inscrivant son action dans les réalités contemporaines et le cadre républicain. La présence des autorités publiques lors de la cérémonie illustre cette volonté de faire cohabiter ces deux dimensions.
Au-delà du symbole : Les défis qui attendent le nouveau garant des us et coutumes
La foule rassemblée autour de la cérémonie n’a pas seulement assisté à une remise de document officiel. Elle a été témoin d’une passation de responsabilité. En fait, derrière le titre de chef de canton se trouve une mission : maintenir les liens sociaux, favoriser le dialogue et contribuer à la stabilité de la communauté.
À Klabè-Efoukpa, la République a donc officialisé un choix issu de la tradition. Désormais investi de cette reconnaissance, Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V devra transformer l’acclamation du 30 juillet en actes concrets. Entre la parole des sages et l’autorité du décret, une même attente se dessine : que la tradition demeure une force de cohésion et que l’autorité serve d’abord la communauté.
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