À Assoli 1, les jeunes patients ne se contentent plus de recevoir des soins, ils s’apprêtent à les évaluer. Depuis le mardi 8 septembre 2026, une cohorte de jeunes citoyens apprend à auditer les services publics de leur commune, en ciblant en priorité la qualité des soins en santé sexuelle et reproductive, ainsi que les mécanismes de protection contre les violences liées au genre.
En effet, ce basculement stratégique s’appuie sur la méthodologie internationale du Young Citizen Score Card (YCSC). Portée par l’organisation ATAREKAD, avec le soutien financier de Plan International et du Royaume de Suède via le projet « Space to Lead au Togo », cette formation de cinq jours fournit aux participants des outils d’analyse concrets. Autrement dit, il s’agit d’un véritable tableau de bord communautaire permettant de mesurer le niveau de satisfaction des usagers. Clémence Tchazinon, directrice exécutive d’ATAREKAD, affirme que cette approche participative donne enfin aux jeunes la capacité de formuler des retours structurés sur les politiques publiques qui les concernent. Le maire de la commune, Salissou N. Abou‑Bakari, renchérit en estimant que cette démarche transforme la jeunesse locale en un moteur essentiel de gouvernance.
Or, mettre les services de santé sous la loupe des citoyens bouscule inévitablement les pratiques établies. Face aux réticences potentielles, les autorités locales ont immédiatement posé un cadre bienveillant. Le préfet d’Assoli, le lieutenant-colonel Mensah Kafui Viagbo, a publiquement exhorté le personnel médical à percevoir cet audit citoyen comme un levier d’amélioration continue plutôt que comme une sanction. Parallèlement, il a encouragé les jeunes évaluateurs à rapporter les dysfonctionnements sans crainte, tout en exigeant une stricte objectivité basée sur des faits réels.
Ainsi, l’initiative dépasse le cadre d’un exercice théorique élémentaire. À l’issue des ateliers, une journée de confrontation constructive réunira les jeunes auditeurs, les prestataires de soins et les décideurs politiques pour bâtir un plan d’action commun. Enfin, afin de garantir l’application des recommandations, un comité de suivi restreint de sept membres, intégrant des représentants de la jeunesse, sera déployé. Ce groupe assurera un plaidoyer permanent auprès des autorités pour transformer irrévocablement la qualité des infrastructures sanitaires de la région.
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