BLITTA,10 septembre 2026 – Le Togo élargit son dispositif de soutien à la scolarisation des filles. À Blitta Gare, dans la commune de Blitta 1, les autorités ont donné, mercredi 9 septembre 2026, le coup d’envoi de la deuxième campagne nationale de distribution de kits scolaires destinée aux élèves filles des établissements publics situés dans les zones les plus vulnérables du pays.
La cérémonie, présidée au nom du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé par Sandra Ablamba Johnson, ministre, Secrétaire générale de la Présidence du Conseil et Gouverneure de la Banque mondiale pour le Togo, marque une nouvelle étape du Projet d’Autonomisation des Femmes et du Dividende Démographique en Afrique subsaharienne plus, connu sous le nom de SWEDD+ Togo.
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Cette année, le dispositif change d’échelle. Plus de 150 000 kits scolaires doivent parvenir aux bénéficiaires réparties dans 1 500 localités, contre 101 334 élèves filles accompagnées lors de la première édition en 2025 dans 782 localités.
Le gouvernement et ses partenaires ciblent en priorité les territoires confrontés aux vulnérabilités multidimensionnelles. L’objectif consiste à réduire les obstacles matériels susceptibles de fragiliser la scolarité des filles, notamment dans les familles disposant de faibles ressources.
Le programme concerne les élèves filles du primaire ainsi que celles des collèges et lycées publics. Par conséquent, l’opération ne se limite pas à une aide ponctuelle à la rentrée scolaire. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à maintenir les filles dans le système éducatif et à renforcer leurs perspectives de réussite.
Le dispositif bénéficie du financement de la Banque mondiale et de l’appui technique du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). À travers SWEDD+, le Togo ambitionne d’accompagner plus d’un million de filles et de femmes, en agissant à la fois sur leur maintien à l’école, leur autonomisation économique et leur accès aux services de santé reproductive.
Au-delà de l’accès aux fournitures scolaires, la campagne entend aussi valoriser les performances académiques des jeunes filles.
Ainsi, les meilleures élèves aux examens du CEPD, du BEPC et du BAC 1 dans les cantons concernés par le programme ont reçu une distinction. Elles bénéficient également de sacs scolaires équipés de panneaux solaires et d’une lampe d’éclairage.
Fabriqués au Togo, ces équipements apportent une réponse pratique aux contraintes liées à l’accès à l’éclairage pour les études à domicile. Ils traduisent aussi la volonté des promoteurs du programme de combiner soutien social, réussite scolaire et solutions adaptées aux réalités locales.
Le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a présenté cette opération comme une traduction concrète du premier axe stratégique du secteur, consacré à l’équité d’accès à l’éducation et à la formation.
Pour le gouvernement, le soutien matériel doit aller de pair avec l’amélioration des conditions d’apprentissage. Mama Omorou a ainsi rappelé que l’objectif ne consiste pas uniquement à inscrire davantage d’enfants à l’école, mais aussi à leur permettre d’y apprendre, d’y progresser et de réussir.
Cette orientation accompagne plusieurs mesures déjà engagées au cours des dernières années : gratuité de la scolarité dans l’enseignement public primaire et secondaire, suppression des frais d’inscription aux examens scolaires, développement des cantines scolaires, couverture sanitaire des élèves à travers la School AMU et construction de nouvelles infrastructures.
Selon les données communiquées à cette occasion, ces politiques ont contribué à réduire les écarts entre filles et garçons dans l’enseignement de base. Au primaire, le taux net de scolarisation atteint 98,54 % chez les filles, contre 97,07 % chez les garçons. Le taux d’achèvement s’élève, lui, à 90,48 % pour les filles, contre 87,19 % pour les garçons.
Présente à Blitta, Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de la Division de la Banque mondiale pour le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo, a salué l’orientation prise par les autorités togolaises en faveur d’une éducation plus inclusive.
Pour l’institution financière internationale, la promotion de l’éducation des filles constitue un investissement à long terme dans le capital humain. Elle a donc réaffirmé sa volonté de poursuivre et de renforcer son accompagnement du Togo.
Le SWEDD+ Togo dispose d’un financement approuvé par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 29 septembre 2023, pour un montant de 62,5 millions de dollars, soit environ 37,5 milliards de francs CFA.
La distribution de fournitures ne représente qu’un volet du projet. Le programme comprend également plusieurs actions destinées à lever d’autres obstacles qui touchent les filles et les femmes.
Par exemple, le projet prévoit la délivrance d’actes de naissance aux personnes dépourvues de documents d’état civil. Il vise aussi à améliorer l’offre de soins grâce à l’équipement des formations sanitaires en échographes modernes et au déploiement de cliniques mobiles.
Sur le terrain économique, le SWEDD+ accompagne les groupements agricoles féminins à travers la mise à disposition de matériels et d’équipements. Le programme prévoit également l’« École de la chance », qui propose des formations professionnelles courtes et gratuites dans des métiers comme la couture, la coiffure, l’esthétique ou encore la broderie. Les jeunes filles vulnérables et celles qui ont quitté le système scolaire figurent notamment parmi les bénéficiaires.
Par ailleurs, l’aménagement et l’équipement des Maisons de la femme doivent créer des espaces consacrés à l’entrepreneuriat, à l’écoute et à l’accompagnement des femmes et des filles.
Lors de la cérémonie, Sandra Ablamba Johnson a insisté sur la dimension sociale et nationale de cette politique. Selon elle, permettre aux filles d’accéder aux mêmes possibilités d’apprentissage et de réussite renforce directement le potentiel du pays.
Elle a également appelé les bénéficiaires à voir dans les kits remis non pas de simples fournitures scolaires, mais un signe d’encouragement de la Nation. Elle les a invitées à poursuivre leurs études avec discipline, courage, persévérance et détermination.
Avec cette deuxième édition, le Togo cherche donc à franchir un nouveau cap : toucher davantage de filles, concentrer les efforts sur les territoires les plus vulnérables et associer l’accès à l’école à la réussite, à la protection sociale et à l’autonomisation.
À Blitta, le message est ainsi clairement posé : soutenir la scolarisation des filles ne relève plus seulement de l’aide à la rentrée. L’enjeu est désormais de créer les conditions pour qu’elles restent à l’école, réussissent leurs études et disposent, à terme, de meilleures chances d’autonomie.
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