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Nigéria : un pasteur condamné à mort pour le meurtre de sa fille

Accusée de sorcellerie par son propre père, une adolescente de 16 ans n'a jamais eu la chance d'être protégée. La…

Accusée de sorcellerie par son propre père, une adolescente de 16 ans n’a jamais eu la chance d’être protégée. La justice nigériane a condamné le pasteur Ubong Bassey Etim à la peine capitale, dans une affaire qui ravive le débat sur les violences liées aux croyances et la protection des personnes vivant avec un handicap.

La justice nigériane a rendu un verdict d’une rare sévérité dans une affaire qui a profondément choqué l’opinion publique. La Haute Cour de Calabar, dans l’État de Cross River, a condamné à la peine de mort par pendaison le pasteur Ubong Bassey Etim, 51 ans, reconnu coupable du meurtre de sa fille âgée de 16 ans.

Selon les éléments retenus par la justice, l’adolescente, porteuse de trisomie 21, avait été injustement accusée de sorcellerie par son père. Au lieu de bénéficier de la protection et de l’accompagnement auxquels tout enfant a droit, elle a été victime de violences qui lui ont coûté la vie.

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En prononçant cette condamnation, la Haute Cour a retenu la qualification de meurtre et appliqué la peine prévue par la législation nigériane pour ce type de crime.

Un verdict implacable de la justice nigériane

Au-delà du verdict, cette tragédie remet en lumière un phénomène qui continue d’inquiéter les organisations de défense des droits humains dans plusieurs régions d’Afrique : les accusations de sorcellerie visant des enfants ou des personnes vulnérables.

Dans certains contextes, des croyances profondément ancrées conduisent encore à des violences, à des abandons ou à des discriminations contre des personnes accusées, sans preuve, de pratiques occultes. Les enfants en situation de handicap figurent parmi les victimes les plus exposées à ces stigmatisations.

Qu’est-ce que la trisomie 21 ? (Démystifier le handicap)

Contrairement à certaines idées reçues, la trisomie 21 n’a aucun lien avec des croyances mystiques ou surnaturelles.

Il s’agit d’une anomalie génétique présente dès la naissance. Habituellement, chaque être humain possède 46 chromosomes, répartis en 23 paires. Chez les personnes atteintes de trisomie 21, une copie supplémentaire du chromosome 21 est présente, portant leur nombre total de chromosomes à 47.

Cette particularité peut entraîner un développement intellectuel plus lent ainsi que certaines caractéristiques physiques ou des problèmes de santé associés. Toutefois, grâce à un suivi médical, à l’éducation spécialisée et à un environnement familial bienveillant, de nombreuses personnes vivant avec la trisomie 21 poursuivent leurs études, travaillent, développent leurs talents et participent pleinement à la vie sociale.

La trisomie 21 est donc une condition génétique, et non une maladie contagieuse, une malédiction ou une manifestation de sorcellerie.

Un signal fort pour la protection des enfants en situation de handicap

Cette affaire rappelle avec brutalité que les enfants, en particulier ceux vivant avec un handicap, demeurent parmi les personnes les plus vulnérables face aux violences familiales et aux préjugés.

Les organisations de défense des droits de l’enfant appellent régulièrement les États à renforcer la sensibilisation des communautés, à lutter contre les croyances qui alimentent les violences et à garantir une protection effective des enfants en situation de handicap.

En somme, la justice nigériane affirme, par ce jugement, que les crimes commis contre les personnes les plus vulnérables engagent pleinement la responsabilité pénale de leurs auteurs et entraînent les sanctions les plus lourdes prévues par la loi.

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