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Chine : UBTech lance des robots humanoïdes à 15 500 € pour lutter contre la solitude

L'entreprise chinoise UBTech a dévoilé sa nouvelle génération d'androïdes bioniques à l'apparence humaine hyperréaliste. Vendus à partir de 15 500…

L’entreprise chinoise UBTech a dévoilé sa nouvelle génération d’androïdes bioniques à l’apparence humaine hyperréaliste. Vendus à partir de 15 500 euros, ces « compagnons émotionnels » ciblent un marché colossal : les millions de personnes souffrant de solitude, notamment les célibataires et les seniors.

En Chine, la technologie s’attaque à l’un des plus grands fléaux du XXIe siècle : l’isolement social. UBTech, géant mondial de la robotique, a récemment présenté, sous sa marque grand public UWorld, une gamme inédite de robots humanoïdes baptisée U1. Oubliez les bras articulés d’usine ou les automates robotiques sans âme ; l’entreprise fait le pari de ramener le robot directement dans votre salon, avec une promesse forte, presque vertigineuse : offrir de l’affection « pour la vie ».

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Un marché colossal face à une urgence sociale

La solitude s’impose désormais comme un enjeu majeur de santé publique en Chine. Avec le lancement du robot compagnon U1, UBTech cible deux publics particulièrement vulnérables : les célibataires, estimés à plus de 120 millions, et les seniors, dont le nombre dépasse les 320 millions et ne cesse de croître avec le vieillissement accéléré de la population. Pour Michael Tam, directeur général d’UWorld, ces groupes expriment un besoin pressant de compagnie, capable d’apporter un véritable réconfort affectif et de rompre l’isolement.

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Une prouesse technique au service du mimétisme humain

Pour que l’illusion fonctionne et que l’attachement se crée, la mécanique pure ne suffit plus. L’androïde doit paraître humain, et UBTech n’a pas lésiné sur les moyens :

  • Hyperréalisme : le robot est doté d’une peau souple en silicone reproduisant les pores et les rides, allant jusqu’au mimétisme des veines sur les modèles les plus avancés.
  • Expressivité : équipé de 88 articulations motorisées, le robot peut afficher près de 300 micro-expressions faciales, cligner des yeux et soutenir le regard de son interlocuteur.
  • Intelligence conversationnelle : animé par un modèle d’IA générative centré sur les émotions, le robot apprend à connaître son propriétaire, adapte le ton de sa voix et propose des paroles apaisantes s’il détecte de la fatigue ou du stress.

Pas de ménage, juste de l’empathie

Contrairement aux promesses classiques de la robotique domestique, le U1 n’effectue aucune tâche ménagère (ni cuisine, ni repassage). Il ne s’agit pas non plus d’un androïde destiné à des relations intimes. Sa fonction est strictement conversationnelle et émotionnelle. Il est programmé pour :

  • écouter patiemment les soucis du quotidien ;
  • détecter des signes de faiblesse et rappeler la prise de médicaments ;
  • suggérer des tenues vestimentaires ou proposer des activités, comme regarder un match de football ensemble.

Le prix de cette présence artificielle s’échelonne selon le niveau de réalisme souhaité. Le modèle d’entrée de gamme (le « U1 Lite », qui se résume à un demi-buste) est commercialisé à partir de 119 800 yuans (environ 15 500 euros). Quant au modèle « Ultra », offrant un corps complet et le réalisme le plus poussé, la facture dépasse allègrement les 128 000 euros.

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Un palliatif sociétal qui interroge

La prouesse technologique impressionne, mais elle soulève des dilemmes éthiques. Un robot à 15 500 euros répond-il vraiment au besoin inné de connexion humaine ou traduit-il la marchandisation des sentiments ? Le risque de dépendance affective, ainsi que les inquiétudes liées à la protection des données — l’androïde filmant et écoutant en permanence — alimentent déjà le débat.

L’innovation est indéniable, mais les experts s’interrogent : un androïde peut-il combler le vide relationnel ou risque-t-il, au contraire, d’accentuer l’isolement en remplaçant un lien authentique par une simulation ? Malgré ces interrogations, la demande explose : UBTech revendique plus de 13 300 précommandes, preuve qu’un nombre croissant de personnes sont prêtes à payer cher pour une machine qui leur répond avec bienveillance.

Alors que l’intelligence artificielle affective progresse à grande vitesse, UBTech parie que la technologie deviendra notre prochain interlocuteur. Reste à savoir si ces compagnons de métal et de code sauront réellement réchauffer les foyers les plus silencieux.

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