Au septième dialogue sur la paix entre acteurs étatiques et civils, ouvert le mardi 24 mars 2026 au nord du Ghana, la délégation togolaise a d’emblée donné le ton. Confort Kabissa-Lamboni, figure de proue de la société civile et sénatrice, a appelé à rompre avec les discours stériles pour lancer une riposte concrète contre l’extrémisme violent dans la zone des Savanes.
C’est un message sans fioritures qu’a porté la coordinatrice du Réseau des Femmes et Développement (REFED) devant un auditoire composé de militaires, de dirigeants religieux et d’élus locaux. Pour le chef de file de la délégation togolaise, l’heure n’est plus à l’inventaire des menaces, mais à la mesure de l’impact réel des recommandations passées sur la vie des populations frontalières.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ

Sortir des salons pour rejoindre le terrain
Alors que l’insécurité asphyxie progressivement les échanges économiques au nord du Togo et du Ghana, la sénatrice a martelé une vérité crue : le bavardage institutionnel ne saurait constituer un rempart contre la radicalisation. Elle exhorte les organisations de la société civile à intensifier leur présence auprès des communautés vulnérables.
Selon elle, la diversité des acteurs réunis par la Fondation STAR-Ghana et ses partenaires est une force, à condition que cette synergie se traduise par des mécanismes de protection immédiats.
« On parle beaucoup lors des réunions alors que le travail nous attend dehors », a-t-elle rappelé, pointant du doigt l’urgence sociale qui nourrit souvent le sentiment d’abandon des populations.

Une solidarité régionale à l’épreuve des faits
Abordant la porosité des frontières avec le Burkina Faso, Confort Kabissa-Lamboni a insisté sur le caractère indivisible de la sécurité régionale. Elle estime qu’aucun État ne peut se targuer d’une stabilité isolée face à une menace qui ignore les tracés coloniaux.
À cet égard, elle a salué le modèle de résilience déployé au Togo. Des dispositifs tels que l’opération Kondjouaré ou le Programme d’Urgence pour la Région des Savanes (PURS) ont été cités comme des exemples de réponses intégrées, mêlant sécurisation militaire et soutien socio-économique aux réfugiés.
Le défi des moyens financiers
Pour clore son intervention, la cheffe de délégation a frappé au cœur du problème : le financement. Sans ressources pérennes pour soutenir le projet “SURE” (Renforcement des systèmes de résilience), les ambitions de paix resteront lettre morte. Elle exhorte les partenaires internationaux à s’engager sur la durée afin de transformer ces dispositifs en véritables remparts contre l’extrémisme.




