Ce n’est pas seulement une question de racines et de terre, mais de mots et de stratégies. Depuis ce mardi 7 avril 2026, l’Université de Lomé devient l’épicentre de la pensée écologique continentale. À l’heure où l’urgence climatique impose un rythme effréné, le monde universitaire s’interroge : et si la clé de la survie de nos forêts résidait dans l’art de bien communiquer ?

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Une mobilisation de haut rang pour le futur forestier
Sous les voûtes de l’auditorium, l’atmosphère est solennelle. Le colloque international pluridisciplinaire, lancé en grande pompe, ne se contente pas de dresser un constat. Il ambitionne de lier la restauration des paysages forestiers à la notion, plus politique, de justice climatique.
Le Professeur Komlan Batawila, premier vice-président de l’institution, a accueilli une délégation de prestige pour marquer l’importance de l’événement. Parmi les figures de proue, on note la présence du Dr Ama Djifa Gameti, représentante du ministère de l’Enseignement supérieur, du Secrétaire général de l’UL, Professeur Akossiwoa Quashie, ainsi que de la Professeure Kouméalo Anaté, présidente du Comité scientifique. Le président du Comité d’organisation, Dr Napo Gnane, était également présent, aux côtés de la représentante résidente du PNUD et de la directrice des Ressources forestières.
Cette synergie entre autorités académiques, politiques et partenaires internationaux, comme le PNUD, souligne que le combat vert ne peut plus se mener en silos. La diversité des participants — enseignants-chercheurs, étudiants et délégations venues de divers horizons — donne à l’événement une dimension participative et inclusive.

La communication, le « maillon faible » enfin exploré
Le ton a été donné dès la conférence inaugurale par le Professeur Oumar Kane, venu de l’UQAM (Montréal), avec une modération assurée par le Dr Namoin Yao-Baglo. Selon les experts présents, planter des arbres ne suffit plus si le message qui accompagne l’action est inaudible ou inadapté aux réalités locales.
Le programme des jours à venir s’annonce dense et structuré autour de deux moments de réflexion stratégique :
- L’heure du bilan pour l’AFR100 : le mercredi 8 avril, le Professeur Kouami Kokou dirigera les débats sur les avancées réelles de l’initiative de restauration des paysages forestiers en Afrique. L’enjeu est de taille : identifier les méthodes de communication qui ont réellement porté leurs fruits sur le terrain.
- Le rôle crucial des médias : le jeudi 9 avril, sous la houlette du Dr Anoumou Amekudji, l’accent sera mis sur le retour d’expérience des journalistes. Comment ces derniers peuvent-ils devenir les véritables sentinelles de la justice climatique ?
« En somme, ce rendez-vous scientifique, porté par le CEROCE et le CRCC, dépasse le simple cadre académique pour devenir un laboratoire de solutions pour l’Afrique. » — Dr Napo Gnane, Président du Comité d’organisation.

Un enjeu de souveraineté intellectuelle
À travers ce colloque, l’Université de Lomé affirme sa position de leader dans la recherche environnementale en Afrique de l’Ouest. En mobilisant des chercheurs de divers horizons, l’événement rappelle que la lutte contre le réchauffement climatique est aussi une bataille de l’information.
Tandis que les délégations internationales échangent dans les couloirs de l’auditorium, une question demeure : les résolutions qui sortiront de ces trois jours de réflexion parviendront-elles à influencer concrètement les politiques publiques des États de la sous-région ? Si la parole libère désormais les consciences, les acteurs du colloque doivent maintenant relever le défi majeur : transformer ces théories de communication en hectares de forêts protégées, visibles et durables.




