Economie




Togo : vers un budget sensible au genre

Après la budgétisation verte, le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique s’attaque à un autre angle mort des…

Après la budgétisation verte, le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique s’attaque à un autre angle mort des finances publiques : leur impact différencié sur les femmes et les hommes. Un atelier de formation de cinq jours prépare les cadres du département à élaborer leur tout premier Document de budgétisation sensible au genre (DBSG), attendu au quatrième trimestre 2026.

Un budget ne se contente pas de répartir des crédits : selon la manière dont les dépenses sont exécutées, elles peuvent creuser ou réduire les inégalités. C’est précisément cette réalité que le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique (MEVS) entend désormais intégrer dans ses arbitrages.

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Réunis depuis lundi 10 août, ses cadres travaillent, à la Direction générale des études et analyses économiques (DGEAE), au CASEF, sur la budgétisation sensible au genre (BSG). La formation s’achèvera le 14 août, mais son véritable objectif se situe plus loin : préparer le DBSG 2027, premier exercice de ce type pour ce ministère créé en octobre 2025.

Ministère des Finances et du Budget Togo
© Ministère des Finances et du Budget Togo

Passer du principe à la mécanique budgétaire

Représentant le ministre Badanam Patoki à l’ouverture, le directeur général de la DGEAE, Ahodo Tchamdja, a replacé la démarche dans le processus de réforme des finances publiques.

Le chantier consiste surtout à donner aux cadres des outils opérationnels. Pendant cinq jours, ils doivent notamment apprendre à identifier et marquer les dépenses sensibles au genre, analyser les données ventilées par sexe et appliquer la méthodologie permettant de construire un document budgétaire intégrant cette dimension. L’enjeu n’est donc plus de proclamer l’égalité, mais de la lire dans les chiffres du budget.

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Un premier test pour le jeune ministère

Cette approche s’inscrit dans la dynamique engagée par le Togo depuis 2021 pour introduire progressivement le document budgétaire sensible au genre dans les différents ministères.

Pour le MEVS, l’exercice revêt une portée particulière. Créé en octobre 2025, le département doit désormais construire ses propres mécanismes de planification budgétaire tout en intégrant les exigences nouvelles liées à l’équité entre les sexes. Le ministère entend ainsi inscrire cette dimension à différentes étapes du cycle budgétaire : de la programmation au suivi‑évaluation, en passant par la conception des politiques et des réformes économiques.

La difficulté sera de passer d’une logique administrative à une lecture plus fine de la dépense publique. Combien une politique coûte‑t‑elle ? Mais surtout, à qui profite‑t‑elle et avec quels effets sur les femmes et les hommes ? C’est à cette seconde question que le futur DBSG devra apporter des éléments de réponse.

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Des données pour mesurer les écarts

La formation est conduite par deux expertes du ministère des Finances et du Budget, Hoafoa Amé Mawussé épouse Akomegni et Amegadzé Essianyo Marcelle. La première, également point focal national de la budgétisation sensible au genre, considère la BSG comme un instrument permettant d’intégrer les besoins différenciés des femmes et des hommes dans les politiques publiques.

L’objectif de l’atelier est donc double : renforcer les compétences des cadres et les préparer à produire leur propre document budgétaire. Le travail sur les données occupera une place centrale. L’analyse sexo‑désagrégée des effectifs doit notamment permettre de mieux identifier les éventuels déséquilibres et de disposer d’une base objective pour orienter les décisions.

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Du climat à l’équité : une modernisation décisive du budget

Cette nouvelle étape intervient une semaine seulement après un atelier consacré à la budgétisation verte. Ce rapprochement n’est pas anodin : le MEVS cherche à faire évoluer le budget d’un simple instrument comptable vers un outil de pilotage intégrant plusieurs dimensions du développement durable.

Après l’environnement, le genre entre ainsi dans le champ de cette modernisation. Mais la prochaine échéance sera décisive : la formation ne constitue qu’une étape préparatoire. L’élaboration effective du DBSG 2027 est annoncée pour le quatrième trimestre 2026.

À ce moment‑là, les acquis des cinq jours de formation devront se traduire dans les lignes budgétaires, les indicateurs et les choix de dépenses. Le véritable test commencera donc après la salle de formation : faire en sorte que l’égalité entre les femmes et les hommes ne reste pas un principe affiché dans les politiques publiques, mais devienne une donnée mesurable dans l’allocation des ressources de l’État.

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