DAPAONG, 4 novembre 2026 — Dans la région septentrionale des Savanes, deux nouvelles maisons de transit ont ouvert leurs portes aux femmes et aux filles fuyant les violences basées sur le genre. Inaugurées mardi 3 novembre 2026 à Dapaong, elles constituent les premières structures de ce type au Togo et marquent une avancée notable dans la protection des survivantes.
Le dispositif, porté par le Réseau des Femmes pour le Développement (REFED), bénéficie de l’appui du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et de l’organisation allemande TogoVerein. Il comprend également un bloc administratif et un forage destinés à soutenir le fonctionnement du site et à améliorer les conditions d’hygiène.
Ces maisons ne se limitent pas à procurer un hébergement temporaire. Elles doivent offrir un accompagnement psychologique et social, faciliter l’orientation vers les services essentiels et préparer les bénéficiaires à une réinsertion durable. L’objectif affiché est de permettre à chaque survivante de retrouver progressivement sécurité, autonomie et capacité d’agir.
L’UNFPA défend précisément cette approche centrée sur la survivante, qui associe soins de santé, services sociaux et appui juridique dans les contextes humanitaires comme dans les situations de développement. Au Togo, l’accès à de tels services demeure toutefois inégal : le pays ne disposait auparavant que d’un centre de soins holistiques et d’un nombre limité de centres de proximité.
La cérémonie d’inauguration a réuni la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Martine Moni Sankaredja, le gouverneur des Savanes, Affoh Atcha-Dédji, ainsi que la représentante résidente de l’UNFPA au Togo, Elise Kakam. De nombreuses femmes venues des préfectures de la région ont également pris part à l’événement.
Le choix de Dapaong répond aux vulnérabilités particulières de la région des Savanes, frontalière et exposée aux effets de l’insécurité régionale. Les autorités y ont intégré la protection des femmes dans le Programme d’urgence régional, tandis qu’un centre de prise en charge globale accueille déjà quotidiennement plusieurs dizaines de victimes.
Pour la ministre Sankaredja, l’enjeu dépasse la construction de bâtiments. Elle a décrit l’initiative comme la traduction d’une vision de société où chaque victime trouve protection, écoute, accompagnement et espoir. Le gouverneur Atcha-Dédji a salué l’implantation du projet dans les Savanes et remercié les partenaires qui l’ont rendu possible.
Les maisons de transit pourraient donc devenir un maillon décisif d’une chaîne de protection encore fragile. Elles offrent un espace immédiat lorsque le domicile devient dangereux, avant une prise en charge médicale, juridique ou économique plus complète.
L’initiative s’inscrit dans un effort plus large mené avec les Nations Unies et la coopération allemande. À Dapaong, un centre intégré offre déjà aux survivantes un accès gratuit à des soins médicaux, à une écoute psychologique, à une assistance juridique et à des mécanismes d’orientation sécurisée.
Reste désormais à garantir la pérennité du financement, la formation du personnel et la coordination entre les services de santé, de justice et d’action sociale. Sans ces conditions, un refuge peut accueillir, mais peine à transformer durablement le parcours des femmes qu’il protège.
Pour les habitantes des Savanes, l’ouverture de ces structures envoie néanmoins un message symbolique : la violence ne doit plus rester un silence familial, et chercher de l’aide doit devenir un droit accessible, sûr et digne.
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