Le football africain retrouve son rendez-vous biennal. Le Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a voté à l’unanimité, jeudi, le retour de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) à un cycle de deux ans, abandonnant le passage à quatre ans adopté l’année précédente.
La décision met fin à plusieurs mois d’incertitude. Elle confirme également l’abandon du projet de Ligue des Nations africaine, envisagée pour remplacer la CAN et se disputer tous les deux ans.
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Un revirement motivé par l’argent
La CAF justifie ce retour en arrière par une réalité financière. La Ligue des Nations, compétition nouvelle, aurait exigé plusieurs années avant de générer des revenus suffisants pour soutenir les sélections, les compétitions continentales et l’autonomie financière du football africain.
Le président de la CAF, Patrice Motsepe, avait annoncé dès la conférence stratégique de l’organisation, tenue au Cap-Vert du 7 au 9 octobre, que le Comité exécutif réexaminerait le calendrier quadriennal.
« La décision vise à faire progresser, à protéger et à promouvoir les intérêts du football africain », a déclaré M. Motsepe. Il a souligné que la CAN demeure un levier essentiel pour les 54 fédérations membres et pour les joueurs africains évoluant dans des clubs hors du continent.
Un calendrier déjà fixé
La prochaine CAN se disputera en 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Les éditions suivantes sont programmées pour 2028, 2031 et 2033. Ce calendrier tient compte de la Coupe du monde FIFA 2030. Conformément à la pratique de la FIFA, la CAF évite d’organiser la phase finale de la CAN la même année que le Mondial.
Le retour au format biennal restaure donc une cadence familière aux supporters, aux diffuseurs et aux sélections nationales. Il offre également aux fédérations un rendez-vous régulier pour mobiliser sponsors, recettes télévisées et retombées touristiques.
Une compétition au-delà du sport
Pour la CAF, la CAN dépasse le cadre sportif. L’institution la présente comme une célébration des cultures, des traditions et de la diversité du continent, capable de rassembler les populations des 54 pays africains, la diaspora et les supporters du monde entier.
Cette dimension explique en partie l’attachement au tournoi. La CAN génère une visibilité internationale pour les villes hôtes, les chaînes de télévision, les sponsors et les joueurs. Elle constitue aussi l’une des rares compétitions capables de réunir régulièrement l’ensemble du continent autour d’un même événement.
Une décision aux effets immédiats
Le vote unanime du Comité exécutif renforce la légitimité du revirement. Il met fin au projet de Ligue des Nations et rétablit la CAN comme la compétition phare du football africain.
Reste désormais à la CAF à transformer cette décision en croissance durable : sécuriser les droits télévisés, attirer les investisseurs, améliorer les infrastructures et garantir des compétitions compétitives face aux grands championnats mondiaux.




