Togo : près de 4 milliards de dollars recherchés pour 43 projets climatiques à la COP31

LOMÉ, 4 novembre 2026 — Le Togo arrivera à la COP31, qui se tiendra à Antalya du 9 au 20…

LOMÉ, 4 novembre 2026 — Le Togo arrivera à la COP31, qui se tiendra à Antalya du 9 au 20 novembre 2026, avec une demande claire : mobiliser 3,97 milliards de dollars pour financer 43 projets destinés à protéger son économie et ses populations des effets du dérèglement climatique. Le montant équivaut à environ 2 330 milliards de francs CFA.

Le ministère chargé du Changement climatique, dirigé par Komla Dodzi Kokoroko, a conçu ce portefeuille comme une feuille de route d’investissement plutôt que comme une banale liste de projets. Il regroupe des interventions dans l’agriculture, l’énergie, l’eau, la protection du littoral, la biodiversité et la prévention des catastrophes.

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Un pays peu pollueur, très exposé

Le paradoxe togolais est frappant. Le pays représente une part infime des émissions mondiales de gaz à effet de serre — 0,02 % en 2019 selon le Fonds monétaire international — mais subit des chocs climatiques répétés qui menacent ses cultures, ses infrastructures et ses finances publiques.

Les inondations figurent parmi les risques les plus fréquents. Les sécheresses fragilisent une agriculture largement dépendante des pluies, tandis que l’érosion côtière avance parfois de 20 mètres par an. Or, le littoral concentre environ 42 % de la population et plus de 90 % des activités économiques formelles.

Cette exposition explique l’ampleur de la demande togolaise. Les besoins liés aux contributions déterminées au niveau national atteignent plus de 5,5 milliards de dollars pour la période 2020-2030, dont près des trois quarts restent à financer.

Une stratégie pour attirer les bailleurs

À Antalya, Lomé ne se contentera pas de présenter des projets isolés. Le gouvernement veut offrir aux partenaires techniques et financiers une vision cohérente de ses priorités, afin de réduire la dispersion des financements et d’accélérer la mise en œuvre.

Le portefeuille couvre notamment l’agriculture durable et la transformation agroalimentaire, la préservation des forêts et de la biodiversité, les énergies propres, la mobilité durable, l’eau et l’assainissement, ainsi que l’économie circulaire. Il inclut aussi des dispositifs de protection côtière, de réduction des risques et de renforcement de la transparence climatique.

Le ministère présente cette approche comme un pont entre les priorités nationales, les engagements internationaux du Togo et les financements disponibles. L’objectif consiste à rendre les projets plus lisibles, plus bancables et plus faciles à suivre pour les investisseurs.

Le défi du financement

La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la capacité du Togo à convertir ses propositions en engagements financiers. Dans un contexte où les promesses adressées aux pays en développement peinent souvent à se matérialiser, la concurrence pour les ressources climatiques demeure intense.

La Banque mondiale estime que la mise en œuvre de la contribution nationale du Togo nécessiterait environ 4,2 milliards de dollars d’appui international, la majorité de ce montant demeurant conditionnelle à un financement extérieur.

Pour Lomé, la COP31 représente donc bien plus qu’une conférence diplomatique. Elle constitue une occasion de défendre un argument limpide : un pays faiblement émetteur ne doit pas rester seul face à des risques climatiques qui pèsent directement sur sa croissance, sa sécurité alimentaire et son littoral.

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