Sénégal : Convoqué par la gendarmerie, Guy Marius Sagna refuse de déférer et invoque ses immunités

Dakar, le 1ᵉ juin 2026 – Nouveau coup de tonnerre sur l'échiquier politique et judiciaire sénégalais. L'un des parlementaires les…

Dakar, le 1ᵉ juin 2026 – Nouveau coup de tonnerre sur l’échiquier politique et judiciaire sénégalais. L’un des parlementaires les plus en vue et les plus loquaces de la sous-région, Guy Marius Sagna, fait face à une convocation de la justice. Le député des XIVᵉ et XVe législatures du Sénégal, également membre du Parlement de la CEDEAO, a annoncé avoir été convoqué ce lundi à 10 h 00 par la prestigieuse Section de recherches de la gendarmerie nationale pour une « affaire le concernant ».

Mais, contre toute attente, l’élu de la Nation a choisi de ne pas se présenter dans les locaux de la gendarmerie de Colobane. Une décision forte qu’il assume publiquement, tout en s’en expliquant.

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Un refus poli mais ferme au nom des textes

Pour Guy Marius Sagna, cette position n’est en rien un acte de rébellion ou de mépris envers les institutions républicaines. « Ce n’est pas par manque de respect des hommes et des femmes de la gendarmerie. Ce n’est pas par défiance envers la justice sénégalaise », a-t-il immédiatement clarifié pour désamorcer les critiques d’outrage ou de rébellion.

L’explication est purement juridique et institutionnelle. Le parlementaire affirme agir pour protéger la crédibilité même du système judiciaire et sécuritaire. Selon lui, cette convocation viole de manière flagrante les textes fondamentaux qui régissent ses différents mandats. Pour formaliser son refus, il a transmis aux enquêteurs un mémoire technique de quatre pages détaillant les arguments constitutionnels et réglementaires qui font obstacle à cette audition.

Le député soutient que répondre à cette convocation reviendrait à valider une procédure qui foule aux pieds :

  • La Constitution de la République du Sénégal ;
  • Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale sénégalaise ;
  • Le Règlement intérieur du Parlement de la CEDEAO.

En clair, Guy Marius Sagna s’abrite derrière son immunité parlementaire, un bouclier juridique conçu pour protéger les élus contre d’éventuelles pressions ou procédures judiciaires non autorisées par l’hémicycle durant l’exercice de leurs fonctions.

 

« Focus sur le Congrès de PASTEF ! »

Par ailleurs, le leader politique a rapidement choisi de déplacer le débat du terrain judiciaire vers le terrain politique. En concluant son message par un très direct « Focus sur le Congrès de PASTEF ! », Guy Marius Sagna rappelle où se situent ses véritables priorités du moment.

Au sein du parti au pouvoir, la remobilisation des troupes et la préparation des grandes échéances internes semblent primer sur ce qu’il perçoit comme une diversion ou une erreur de procédure de la part des pandores.

Cette posture de fermeté ouvre désormais une délicate confrontation juridique entre le pouvoir législatif et l’appareil judiciaire. En choisissant de formaliser ses griefs dans un document écrit plutôt que de se murer dans un silence passif, le député panafricaniste renvoie la balle dans le camp des autorités judiciaires et du procureur. La Section de recherches choisira-t-elle de forcer le passage en engageant une procédure de levée de l’immunité parlementaire, ou fera-t-elle machine arrière en reconnaissant un vice de procédure ? Dans un Sénégal où les relations entre la justice et les acteurs politiques restent historiquement inflammables, l’issue de ce bras de fer pourrait bien redéfinir les contours de la protection des parlementaires face à la machine judiciaire.

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