L’Université de Lomé a officiellement lancé le projet CRISP-UL, une initiative ambitieuse visant à structurer une chaîne d’approvisionnement locale entre les agriculteurs togolais et les cantines scolaires. Présenté comme une réponse aux défis alimentaires et à l’inclusion socio-économique, ce projet s’inscrit dans une logique de résilience, d’inclusion sociale et de promotion des femmes rurales.
Porté en partenariat avec l’International Development Research Centre (IDRC) du Canada, CRISP-UL entend proposer un modèle de distribution alimentaire qui relie directement la production paysanne aux besoins de l’alimentation scolaire dans plusieurs régions du Togo.
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Trois régions pilotes au cœur de l’expérimentation
Selon les promoteurs du projet, les autorités ont retenu les régions des Plateaux, de la Kara et des Savanes comme zones pilotes. Dans ces territoires, qui rassemblent une diversité de systèmes agricoles et socioculturels, les responsables ont sélectionné 180 écoles pour participer à l’expérimentation.
CRISP-UL prévoit notamment l’installation de sites de démonstration intégrant des pratiques agroécologiques, des jardins scolaires et de petites unités d’élevage. L’objectif consiste à allier recherche appliquée et mise en œuvre concrète, afin de développer des modèles de chaînes d’approvisionnement que l’État pourra répliquer à l’échelle nationale.
En filigrane, ce projet ambitionne de contribuer à un système alimentaire plus autonome, orienté vers la valorisation de la production locale, tout en réduisant la dépendance aux importations de denrées destinées aux programmes de restauration scolaire.
Les femmes rurales au centre du dispositif
L’un des volets les plus novateurs de CRISP-UL est son attention particulière aux femmes agricultrices. En zone rurale, ces dernières jouent un rôle déterminant dans la production maraîchère et vivrière, mais sont souvent confrontées à des obstacles d’accès aux marchés et aux ressources.
Selon les coordinateurs du projet, l’intégration des femmes à ce système d’approvisionnement doit permettre d’améliorer leurs débouchés commerciaux grâce à un accès plus direct aux marchés institutionnels que représentent les cantines scolaires. Il s’agit d’une démarche qui combine inclusion sociale et autonomisation économique, tout en renforçant la sécurité alimentaire locale.
D’un côté, les producteurs seront mieux intégrés dans les circuits de distribution structurés ; de l’autre, les cantines bénéficieront d’un approvisionnement plus régulier et plus nutritif. Ce double effet répond à la fois aux enjeux éducatifs, nutritionnels et économiques des communautés.
Une réponse innovante aux défis régionaux
Les cantines scolaires sont au Togo — comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest — des leviers à la fois pour l’éducation et pour l’économie rurale. À ce titre, elles jouent un rôle stratégique dans la lutte contre la malnutrition, l’abandon scolaire et la promotion du développement rural.
En structurant la demande alimentaire des écoles autour de produits locaux, le projet CRISP-UL s’inscrit dans une dynamique plus large, visant à créer des chaînes de valeur agricoles inclusives et durables, tout en améliorant la performance des programmes de restauration scolaire et l’accès des enfants à une alimentation de qualité.
Perspectives et défis à venir
Sur une durée prévue de 42 mois (jusqu’en septembre 2028), l’Université de Lomé et ses partenaires vont suivre, évaluer et ajuster les stratégies mises en œuvre dans les zones pilotes. L’un des objectifs principaux est de fournir des données probantes qui pourraient influencer les politiques publiques de sécurité alimentaire et d’éducation, notamment en matière de systèmes alimentaires territoriaux.
Les résultats attendus pourraient aussi préfigurer de nouvelles approches pour relier plus efficacement les agriculteurs locaux aux marchés institutionnels, avec des effets positifs potentiels sur l’emploi rural, la nutrition infantile et l’économie locale dans son ensemble.




