Le 3 mars 2026, l’Hôtel Concorde de Lomé a servi de cadre à une conférence nationale capitale pour l’avenir de l’agrobusiness togolais. Au cœur des débats : le projet BASIS. Son ambition ? Transformer des étudiants théoriciens en experts de terrain pour répondre aux besoins d’une économie rurale en pleine mutation.
Pendant trop longtemps, les institutions togolaises ont réduit le diplôme agricole à des savoirs académiques déconnectés des réalités de la terre. C’est ce paradigme que le projet Boosting Agriculture Studies in Sub-Saharian Africa (BASIS) entend renverser. Devant une assemblée composée d’universitaires, de bailleurs de fonds et d’opérateurs du secteur privé, le constat est resté unanime : pour nourrir le pays, il faut d’abord former des bras et des cerveaux prêts à l’emploi.
Le concept est simple mais radical : l’immersion. En recevant le stage pratique au centre du cursus, BASIS ne se contente pas de délivrer des parchemins ; il forge des profils capables de piloter des exploitations modernes dès leur sortie de l’université.
Présent pour l’ouverture des travaux, le ministre délégué à l’Enseignement supérieur, le Professeur Gado Tchangbedji, a rappelé que cette initiative n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans la vision globale de Faure Essozimna Gnassingbé, qui a fait de la modernisation agricole la pierre angulaire de sa politique de croissance.
« L’agriculture est notre levier de souveraineté alimentaire et de création d’emplois », a martelé le ministre.
Pour le gouvernement, il ne s’agit plus de produire des fonctionnaires du secteur agricole, mais de mobiliser des entrepreneurs ruraux. Cette mutation nécessite un lien organique entre les facultés et les fermes, un pont que BASIS s’attelle à construire avec le soutien de partenaires internationaux.
Cependant, l’heure n’est plus seulement aux bilans. En effet, la conférence de Lomé a servi de rampe de lancement pour la phase de consolidation, au cours de laquelle les participants ont planché sur des stratégies destinées à pérenniser les acquis du projet.
Ainsi, ils ont proposé la généralisation des étapes de longue durée en milieu rural, l’actualisation des cursus en fonction des besoins réels des entreprises agro‑industrielles et, enfin, le renforcement de la coopération Sud‑Sud pour partager les réussites régionales.
Par ailleurs, le ministre a assuré que les conclusions de cette rencontre seront examinées de très près au sommet de l’État, car si le Togo veut devenir un hub logistique et agricole, la bataille se gagnera d’abord dans la qualité de ses ressources humaines.
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