Du 9 au 12 mars 2026, la capitale togolaise devient le point de convergence d’une partie du monde académique africain. Chercheurs, recteurs d’université, responsables politiques et experts se retrouvent à Lomé à l’occasion de la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). Une rencontre qui dépasse le cadre universitaire pour poser une question centrale : quelle place la recherche scientifique doit-elle occuper dans la transformation de l’Afrique ?

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Lomé, carrefour du savoir africain
La cérémonie d’ouverture s’est tenue le 9 mars au Palais des Congrès de Lomé, sous le haut patronage du président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé et la présidence du ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, représentant le chef de l’État.
Dans son allocution inaugurale, Mama Omorou a salué le choix de Lomé comme ville hôte et exprimé l’espoir que cette édition permette une réflexion approfondie sur les défis du développement, le rôle moteur de l’enseignement supérieur et la définition de nouvelles stratégies pour renforcer le positionnement du CAMES dans l’espace académique africain.
Autour de lui, plusieurs personnalités ont marqué leur présence : membres du gouvernement togolais, responsables du CAMES, présidents d’universités, ainsi que des chercheurs venus de nombreux pays africains.
Dans son mot de bienvenue, la gouverneure du District autonome du Grand Lomé, Zouréhatou Kassah-Traoré, a salué l’importance de cet événement scientifique qui place, pendant quelques jours, la capitale togolaise au cœur des débats intellectuels du continent.
Plusieurs allocutions ont ensuite rythmé la cérémonie, notamment celles du Secrétaire général du CAMES et du ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du Togo.
De son côté, la présidente en exercice du Conseil des ministres du CAMES, Dre Diaka Sidibé, a rappelé que ces Journées scientifiques ne se limitaient pas à un simple rassemblement académique : elles constituent un espace stratégique de réflexion collective, un cadre de dialogue scientifique et une plateforme de projection vers l’avenir de la communauté universitaire africaine.

Une question stratégique pour l’Afrique
Cette 7ᵉ édition s’articule autour d’un thème ambitieux :
« Quelle recherche scientifique pour une Afrique solidaire, résiliente et développée : vers une politique commune ambitieuse de recherche dans l’espace CAMES ».
Derrière cette formulation se cache un enjeu majeur. L’Afrique produit encore une part limitée de la recherche scientifique mondiale, alors même qu’elle fait face à des défis considérables : transition énergétique, sécurité alimentaire, gouvernance publique, urbanisation rapide ou encore transformation numérique.
Pour de nombreux participants, la question n’est plus seulement de produire du savoir, mais de construire une recherche capable d’accompagner concrètement le développement du continent.

Quatre jours de réflexion et de partage
Pendant quatre jours, conférences, panels et ateliers scientifiques se tiennent entre le Palais des Congrès de Lomé et l’Université de Lomé. Ces échanges visent aussi à favoriser la collaboration entre universités africaines et à encourager la mutualisation des connaissances.
Par ailleurs, l’objectif affiché est de renforcer les synergies entre chercheurs et décideurs, afin que les travaux scientifiques puissent davantage influencer les politiques publiques et les stratégies de développement.

Une participation internationale marquée
Plusieurs institutions universitaires africaines ont répondu présentes à ce rendez-vous académique.
Parmi elles figure l’Université Virtuelle de Côte d’Ivoire (UVCI), représentée par son vice-président chargé de la pédagogie, le professeur Kouamé Fernand, accompagné d’une délégation d’enseignants-chercheurs, notamment Dr Boidou, Dr Batiebo Mory, Dr Ahouman Zahoua et Dr Konan Yao.
Pour l’UVCI, cette participation traduit une volonté de renforcer la coopération scientifique et le partage de connaissances dans l’espace CAMES, tout en affirmant son engagement en faveur d’une recherche tournée vers l’innovation et le numérique.
Autre présence remarquée : celle du professeur Bah Henri, recteur de l’Université Internationale ICK. Il intervient dans ces assises en tant que coordonnateur du programme thématique « Gouvernance et Développement » du CAMES, contribuant aussi aux discussions sur les politiques scientifiques et la modernisation de l’enseignement supérieur africain.

La recherche africaine à un tournant
Au-delà des discours et des présentations académiques, ces Journées scientifiques posent une interrogation fondamentale : comment transformer la recherche africaine en moteur réel de développement ?
À cet effet, de nombreux observateurs estiment que le continent doit encore relever plusieurs défis : financement insuffisant de la recherche, fuite des cerveaux, infrastructures scientifiques limitées ou encore faible collaboration entre universités et secteurs industriels.
Dans ce contexte, les rencontres de Lomé apparaissent aussi comme une étape importante pour repenser les stratégies scientifiques du continent.
Car pour beaucoup de participants, l’avenir de l’Afrique dépendra aussi de sa capacité à produire ses propres solutions, fondées sur la connaissance, l’innovation et la coopération entre chercheurs africains.




