Alors que Lomé accueille la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES), une autre rencontre stratégique se tient en parallèle dans la capitale togolaise : la réunion extraordinaire du Comité Consultatif Général (CCG). Parmi les participants figure le professeur Ballo Zié, président de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, venu prendre part aux discussions qui structurent l’avenir de la recherche académique dans l’espace CAMES.
Dans les couloirs des rencontres scientifiques, cette réunion attire l’attention. Car derrière son intitulé technique, le CCG représente l’un des piliers du système d’évaluation et de reconnaissance académique en Afrique francophone.
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Le cœur du système académique du CAMES
Le Comité Consultatif Général est considéré comme l’organe central de coordination scientifique du CAMES. C’est à ce niveau que sont examinées et validées les conclusions issues des différents Comités Techniques Spécialisés (CTS).
Ces travaux concernent notamment :
- l’évaluation des enseignants-chercheurs ;
- les décisions de promotion universitaire ;
- la reconnaissance des qualifications académiques ;
- l’harmonisation des standards scientifiques entre les universités membres.
Autrement dit, les décisions prises dans ce cadre ont un impact direct sur la carrière de milliers d’enseignants-chercheurs dans les universités d’Afrique francophone.
Une rencontre au cœur des Journées scientifiques du CAMES
Cette réunion intervient en marge des Journées scientifiques du CAMES, un rendez-vous organisé tous les deux ans qui rassemble chercheurs, universitaires, ministres et experts issus des 19 pays membres de l’organisation.
Depuis leur création dans le cadre du Plan stratégique de développement du CAMES adopté à Cotonou en 2013, ces journées visent aussi à stimuler la coopération scientifique entre universités africaines et à encourager une approche collective de la recherche.
À Lomé, les débats s’articulent autour d’un thème ambitieux :
« Quelle recherche scientifique pour une Afrique solidaire, résiliente et développée : vers une politique commune ambitieuse de recherche dans l’espace CAMES ».
Un thème qui reflète les préoccupations actuelles du continent : renforcer l’innovation, réduire la dépendance scientifique et mieux orienter la recherche vers les défis africains.
Lomé, laboratoire d’une coopération scientifique africaine
Pendant plusieurs jours, la capitale togolaise devient ainsi un véritable carrefour du monde universitaire africain. Conférences, panels et discussions stratégiques se succèdent entre responsables d’universités, chercheurs et décideurs politiques.
Pour de nombreux participants, ces rencontres doivent aussi permettre de dépasser la simple production académique pour aller vers une recherche plus utile aux sociétés africaines, capable d’accompagner les transformations économiques, sociales et environnementales du continent.
L’enjeu : construire une recherche africaine plus influente
Si l’Afrique dispose aujourd’hui d’un nombre croissant d’universités et de chercheurs, plusieurs défis demeurent : financement limité de la recherche, manque d’infrastructures scientifiques, ou encore coopération insuffisante entre institutions.
Dans ce contexte, les discussions menées à Lomé pourraient contribuer à dessiner les futures orientations de la recherche dans l’espace CAMES, notamment en matière de gouvernance universitaire et de valorisation scientifique.
Car au-delà des décisions administratives, une question traverse toutes les interventions :
Recherche scientifique en Afrique : de la publication académique à l’impact sociétal, comment briser le plafond de verre ?




