New York, 22 avril 2026 — Le « grand oral » est terminé. Ce mercredi 22 avril, Macky Sall a franchi les portes de l’Assemblée générale des Nations unies pour défendre sa candidature au poste de Secrétaire général. Si l’ancien président sénégalais a tenté de convaincre par sa vision d’un « multilatéralisme refondé », le contraste avec ses concurrents et les zones d’ombre de son bilan national ont pesé lourd dans l’amphithéâtre new-yorkais.
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Il était 19 heures à New York quand Macky Sall s’est avancé pour clore le cycle des auditions interactives. Quatrième et dernier candidat à s’exprimer, il succédait à un trio latino-américain de haut vol : Michelle Bachelet, Rafael Mariano Grossi et Rebeca Grynspan. Sous le titre ambitieux de « Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur », l’ex-chef d’État a plaidé pour une ONU plus inclusive, faisant de sa propre origine africaine un argument de légitimité.
Seul contre tous : le poids de l’isolement continental
Toutefois, la prestation oratoire n’a pas suffi à masquer une réalité diplomatique cruelle. Contrairement à Michelle Bachelet, qui bénéficie d’un élan régional quasi unanime, Macky Sall s’est présenté sans le parrainage officiel de l’Union africaine (UA).
Ce manque de soutien, couplé au mutisme des nouvelles autorités de Dakar, fragilise sa posture de « candidat de l’Afrique ». En coulisses, plusieurs diplomates soulignent que l’absence de consensus continental est souvent un obstacle rédhibitoire pour accéder au 38ᵉ étage du palais de verre.
L’héritage sénégalais : entre droits de l’homme et dettes cachées
Mais au-delà de la géopolitique, ce sont les questions directes des représentants de la société civile qui ont mis l’ancien président en difficulté. Interpellé sur les répressions qui ont marqué ses dernières années au pouvoir à Dakar, Macky Sall a dû défendre un bilan terni par des violations des droits de l’homme et des tensions persistantes avec la jeunesse.
Par ailleurs, l’ombre du FMI a plané sur l’audition. Les révélations récentes sur une « dette cachée » de plusieurs milliards de FCFA sous son administration ont alimenté les doutes des délégués sur sa capacité à gérer les finances de l’organisation mondiale. Pour beaucoup, la rigueur budgétaire exigée par les bailleurs onusiens semble peu compatible avec cet héritage économique contesté.
Un essai pour l’honneur ?
Par conséquent, malgré une défense acharnée de sa vision globale, les chances de Macky Sall paraissent aujourd’hui compromises. Face à une Michelle Bachelet qui fait figure de favorite naturelle après sa prestation remarquée du 21 avril, l’ancien président sénégalais semble avoir payé le prix fort de son isolement diplomatique et de ses dossiers intérieurs.
Bien que son audition se soit terminée le 22 avril, il devra attendre l’été pour connaître les premiers signaux du Conseil de sécurité. Le verdict final sur l’identité du successeur d’António Guterres sera connu vers la fin de l’année 2026, pour une prise de fonction le 1ᵉʳ janvier 2027. Cependant le chemin vers le Secrétariat général semble, plutôt incertain pour lui.




