Après Le Cap et Kigali, la capitale togolaise s’apprête à accueillir, du 18 au 20 mai prochain, la troisième édition du forum Biashara Afrika. Un rendez-vous stratégique pour transformer l’essai de la ZLECAf et d’un marché commun encore trop timide.
Lomé ne veut plus seulement être le « poumon » portuaire de l’Afrique de l’Ouest ; elle entend désormais s’imposer comme le cerveau de l’intégration commerciale du continent. Mercredi 22 avril, dans l’enceinte feutrée du ministère délégué chargé du commerce, devant les médias, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du secteur privé, le gouvernement togolais a officiellement donné le coup d’envoi des préparatifs.
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Co-organisé avec le Secrétariat exécutif de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’événement place la barre haut. Le thème choisi, « Accélérer la transformation économique de l’Afrique grâce à la ZLECAf », résonne comme un cri de ralliement pour une économie continentale encore entravée par ses propres frontières.

Briser le plafond de verre des 15 %
Le constat dressé par le ministre délégué Kossi Tenou est sans concession. Aujourd’hui, les échanges intra-africains stagnent aux alentours de 15 % du volume total des exportations du continent. Un chiffre dérisoire face aux blocs européens ou asiatiques. En cause ? Une fragmentation persistante des marchés et des barrières douanières qui agissent comme de véritables corsets pour la croissance.
C’est précisément là que Biashara Afrika intervient. En succédant à l’Afrique du Sud (2023) et au Rwanda (2024), le Togo mise sur la puissance de frappe de la ZLECAf pour fédérer un marché de 1,3 milliard de consommateurs. L’objectif est clair : passer de la théorie des traités à la pratique des carnets de commandes.

Le secteur privé au front
Si la diplomatie trace les routes, ce sont les entreprises qui les parcourent. Pour cette édition, plus de 1 500 délégués sont attendus au Palais des Congrès de Lomé. Au-delà des discours protocolaires, le forum se veut un laboratoire d’affaires avec :
- Des sessions de rencontres B2B intensives,
- Des panels de haut niveau et des conférences stratégiques,
- Un Pavillon International dédié aux investissements lourds,
- Un « Village Togo », vitrine du savoir-faire local et des réformes structurelles menées par l’administration du Président Faure Gnassingbé,
- Même une soirée de gala pour sceller les alliances.
« Le secteur privé ne doit pas être un simple spectateur, mais le moteur de cette intégration », a martelé le Dr José Kwassi Symenouh, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-T). Les organisations patronales locales mobilisent leurs forces aux côtés de poids lourds institutionnels comme le PNUD, la GIZ et la FAO, confirmant ainsi l’enjeu multidimensionnel — commercial, agricole et technologique — de la rencontre.

Le Togo, hub logistique et diplomatique
En accueillant ce forum, le Togo peaufine son image de hub incontournable. Le pays ne se contente pas d’organiser une conférence ; il cherche à attirer des flux de capitaux durables vers ses PME, piliers de l’économie nationale, particulièrement encouragées à saisir cette opportunité. Le ministère et la Chambre de commerce ont ouvert des guichets d’information pour accompagner les entreprises dans leur inscription.
Alors que les inscriptions sont désormais ouvertes, l’appel aux opérateurs économiques, béninois compris, est lancé. Parce que si Biashara Afrika se tient à Lomé, c’est bien le destin économique de toute la sous-région, et par extension du continent, qui se jouera sur les bords de la lagune en mai prochain. La course pour la souveraineté économique africaine est plus que jamais lancée.




