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L’École de la Chance : Quand le Togo tend la main à ses filles « oubliées »

     À Lomé, un nouvel appel à candidatures résonne comme une promesse d'avenir meilleur. Sous l'égide du projet SWEDD+, l’initiative…

     À Lomé, un nouvel appel à candidatures résonne comme une promesse d’avenir meilleur. Sous l’égide du projet SWEDD+, l’initiative « École de la Chance » s’apprête à offrir une seconde vie professionnelle à 1 500 jeunes filles. 

 

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Elles s’appellent Amina, Kafui ou Rose. Elles ont souvent dû quitter les bancs de l’école trop tôt, faute de moyens ou par les aléas de la vie. Aujourd’hui, elles font partie de cette jeunesse courageuse qui cherche sa place dans l’économie du Grand Lomé. Pour elles, le lancement de « l’École de la Chance » mercredi 6 mai n’est pas qu’un simple communiqué administratif : c’est une porte qui s’ouvre.

 

Transformer l’interruption en nouveau départ

Le concept est simple mais puissant. Là où le système classique a échoué, l’École de la Chance prend le relais. Porté par le ministère de la Planification et soutenu par la Jeunesse et l’Union des chambres régionales de métiers (URCM), ce programme ne demande pas de diplômes ronflants. Il demande de la détermination.

Pendant 3 à 6 mois, ces jeunes filles ne seront plus des « déscolarisées », mais des apprenantes. Couture, broderie, esthétique ou coiffure… des métiers concrets, des métiers de mains, mais surtout des métiers de demain.

« Ce n’est pas seulement apprendre à couper un tissu ou à tresser des cheveux », explique un acteur du secteur de l’artisanat interrogé dans les rues de Lomé « C’est apprendre à ne plus dépendre de personne. C’est retrouver l’estime de soi par le travail bien fait. »

Un rempart contre la fatalité

L’inclusion sociale est ici le maître-mot. En ciblant les zones du Grand Lomé pour cette phase pilote, le gouvernement s’attaque de front à la précarité urbaine. Le projet SWEDD+, qui chapeaute l’initiative, voit grand : impacter à terme plus de 105 000 jeunes femmes.

Mais au-delà des statistiques impressionnantes, c’est l’approche « courte durée » qui séduit. Dans un contexte où chaque jour compte pour subvenir aux besoins de la famille, une formation qualifiante rapide est un luxe que beaucoup ne pensaient jamais pouvoir s’offrir. Et le fait qu’elle soit aussi gratuite lève le dernier verrou : celui de l’argent.

Le défi de la transmission

Le succès de cette aventure reposera aussi sur les centres de formation et ateliers qui seront recrutés d’ici le 20 mai. Ce sont eux, les maîtres-artisans et les professionnelles aguerries, qui auront la lourde et noble tâche de transmettre non seulement un savoir-faire, mais aussi un savoir-être.

En fait, l’École de la Chance ne se contentera pas de former des ouvrières, mais créera des patronnes. Des jeunes filles capables de monter leur propre micro-entreprise, de devenir autonomes et, pourquoi pas, de former à leur tour la génération suivante.

En somme, les jeunes filles intéressées ont jusqu’au 20 mai prochain pour déposer leurs candidatures. Une date à marquer d’une pierre blanche pour celles qui ont décidé que leur avenir ne s’était pas arrêté le jour où elles ont quitté l’école.

 

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