Un tribunal de Shenzhen a prononcé ce jeudi 20 août 2026 la peine maximale contre Xu Jiayin, fondateur du promoteur immobilier le plus endetté au monde. La cour l’a reconnu coupable de fraude, de détournement de fonds et de corruption, et a ordonné la confiscation de l’intégralité de son patrimoine personnel.
Une longue liste de chefs d’accusation
Âgé de 67 ans, l’ancien magnat — également connu sous le nom cantonais de Hui Ka Yan — avait plaidé coupable en avril de plusieurs chefs d’accusation : détournement de fonds, fraude au financement, collecte illégale de dépôts publics, octroi illégal de prêts et émission frauduleuse de titres. Les autorités chinoises l’avaient placé en détention fin 2023, après des mois d’incertitude sur le sort du groupe.
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Amendes records et condamnations en série
Le tribunal a également infligé à Evergrande Group et à sa filiale Hengda Real Estate une amende dépassant 2 milliards de dollars. Dans sa décision, la cour a jugé que les agissements du groupe avaient « gravement perturbé l’ordre économique du marché socialiste » et « porté atteinte à l’intégrité de la conduite des agents de l’État ». Elle a qualifié les faits de « particulièrement graves », invoquant des pertes économiques et un préjudice social considérables.
Plusieurs dizaines d’autres cadres du groupe ont eux aussi été condamnés jeudi, à des peines allant de 22 mois à 18 ans de prison, pour des faits de collecte illégale de dépôts, de fraude au financement et d’usage illicite de fonds.
Une crise qui continue de hanter l’économie chinoise
Fondé en 1996, Evergrande avait porté pendant des décennies le boom immobilier chinois avant de s’effondrer sous le poids de plus de 300 milliards de dollars de dettes, provoquant en 2021 un défaut retentissant aux répercussions mondiales. Cinq ans plus tard, la crise continue de peser sur le secteur : les prix des logements neufs reculent en Chine depuis trois ans, et d’autres grands promoteurs, dont Country Garden et Vanke, restent sous surveillance étroite des observateurs de la deuxième économie mondiale.
Le verdict de jeudi solde le volet pénal de l’affaire, mais ne répond pas à la question centrale qui hante encore des millions de créanciers et d’acheteurs chinois : que deviendront les dizaines de milliards de dollars toujours dus ?




