Sept pêcheurs ghanéens portés disparus depuis le 9 octobre ont été secourus sains et saufs dans les eaux territoriales du Bénin, après une dérive de près de deux semaines dans le Golfe de Guinée. L’opération a mobilisé les marines du Ghana, du Togo et du Bénin, ainsi que plusieurs centres régionaux de coordination maritime.
Les membres de l’équipage avaient quitté le port de pêche de Sekondi à destination d’Axim, dans la région occidentale du Ghana, à bord de la pirogue Second Chance. Une panne de moteur les a privés de propulsion et laissés à la merci des vents et des courants, qui ont progressivement poussé l’embarcation vers l’est.
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Une course contre le courant
La disparition de la pirogue a déclenché une recherche plurinationale. L’Autorité maritime du Ghana, la Marine ghanéenne, la Marine togolaise et la Marine béninoise ont échangé leurs informations avec les centres CRESMAO, MMCC Zone F, MMCC Zone E et les centres opérationnels des marines.
Les secouristes ont localisé les sept hommes le 21 octobre vers 22 heures, grâce à l’intervention conjointe de la Marine béninoise et d’une association locale de pêcheurs. Ils ont ensuite été remis à la Marine togolaise, puis transférés au navire ghanéen GNS Aflao à proximité de la frontière maritime Ghana-Togo, dans la matinée du 22 octobre.
Le navire ghanéen a entamé son retour vers le port de Tema en remorquant la pirogue récupérée. Les autorités ont confirmé que les pêcheurs, identifiés par la police maritime ghanéenne, se trouvaient en sécurité à bord.
Quand l’information sauve des vies
Ce sauvetage illustre l’importance de l’échange d’informations entre États riverains.Grâce au partage rapide de données sur la position estimée de l’embarcation, les courants marins, les moyens disponibles et les contacts avec les communautés de pêcheurs, les autorités ghanéennes, togolaises et béninoises ont pu résoudre une panne survenue au large du Ghana.
Dans le Golfe de Guinée, où les embarcations artisanales naviguent souvent sans équipement de communication sophistiqué, cette coopération réduit les délais de localisation et augmente les chances de survie. Elle permet aussi d’éviter que chaque pays traite une alerte comme un incident strictement national, alors que la mer ignore les frontières.
L’épisode souligne également le rôle des pêcheurs locaux comme premiers relais d’information. Leur connaissance des zones de pêche, des courants et des habitudes de navigation a facilité l’identification de la pirogue dérivante, avant l’intervention des navires militaires.
Renforcer la sécurité en mer
Le sauvetage apporte un soulagement aux familles, mais il doit aussi servir de leçon aux autorités et aux professionnels de la pêche. Les organisations du secteur appellent à renforcer les mesures de sécurité, notamment l’équipement des pirogues en moyens de communication, gilets de sauvetage et dispositifs de localisation.
Une meilleure coordination régionale, associée à des protocoles d’alerte rapides et à des exercices conjoints, pourrait transformer ce type d’intervention en une réponse plus systématique. Pour les communautés côtières du Ghana, du Togo et du Bénin, l’enjeu est clair : partager l’information à temps peut faire la différence entre une disparition en mer et un retour à quai.




