Lomé, 19 juin 2026 – Le ministre togolais des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, Robert Dussey, a salué, jeudi 18 juin, la contribution « analytique et visionnaire » de Racheeda Boukezia, représentante résidente du Fonds monétaire international (FMI) au Togo. Invitée d’honneur du Club diplomatique de Lomé, celle-ci y a prononcé une conférence magistrale sur le thème : « De Bretton Woods au XXIᵉ siècle : le FMI face à son histoire ».
Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques croissantes, une crise énergétique persistante et des défis structurels pour les économies africaines, cette intervention a pris une résonance particulière. Mme Boukezia y a livré une analyse approfondie des réformes institutionnelles nécessaires pour adapter les institutions financières internationales aux réalités du XXIᵉ siècle. Elle a également souligné l’importance d’un nouvel ordre économique mondial fondé sur le partenariat, le respect de la souveraineté des États et le développement durable.
Le FMI et l’Afrique : un dialogue renforcé face aux fragilités macroéconomiques
La conférence de Lomé s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre le FMI et les acteurs africains, notamment les universités et les décideurs politiques. Déjà, en janvier 2026, la représentante résidente du FMI au Togo avait animé une conférence à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’Université de Lomé, où elle avait dressé un panorama des perspectives économiques mondiales et régionales pour l’année en cours. À cette occasion, elle avait insisté sur la nécessité pour les États africains de mettre en œuvre des politiques économiques prudentes, inclusives et orientées vers le long terme afin de renforcer leur résilience face aux chocs extérieurs.
Cependant, Mme Boukezia n’a pas manqué d’attirer l’attention sur les fragilités macroéconomiques persistantes de certains pays africains. Concernant le Togo, elle a mis en exergue les défis liés à la gestion rigoureuse des finances publiques, à l’exposition aux crises exogènes et à l’urgence d’accélérer les réformes structurelles pour garantir une croissance plus robuste et inclusive.
Robert Dussey : une voix clé pour la souveraineté économique africaine
Figure centrale de la diplomatie togolaise et panafricaine, Robert Dussey reste reconnu pour son plaidoyer constant en faveur du développement autonome de l’Afrique. Son implication au Club diplomatique de Lomé s’inscrit ainsi dans la droite ligne de sa vision : celle d’un partenariat international rééquilibré où les États africains ne subissent plus, mais définissent les règles du jeu économique mondial.
Dans un message publié sur son compte X à l’issue des débats, le chef de la diplomatie togolaise a réaffirmé sa volonté de bâtir une architecture financière mondiale basée sur le respect mutuel. Cette posture politique s’harmonise avec les ambitions de Lomé, dont les récents efforts en matière de consolidation budgétaire ont été salués par les équipes du FMI.
Le Togo, laboratoire des réformes économiques en Afrique de l’Ouest
Souvent cité en exemple pour ses progrès en matière de climat des affaires et de modernisation économique, le Togo demeure confronté à des défis structurels importants. Le FMI a notamment mis en garde contre la vulnérabilité de son modèle économique, encore fortement exposé aux chocs extérieurs, notamment à la hausse des coûts énergétiques et à la dépendance aux importations. Pour Lomé, l’enjeu consiste à préserver la stabilité macroéconomique tout en accélérant les réformes susceptibles de favoriser une croissance davantage portée par le secteur privé.
La conférence de Racheeda Boukezia a également été l’occasion de rappeler que plusieurs économies africaines, dont celle du Togo, pourraient voir leurs perspectives se détériorer à court terme en raison de contraintes macroéconomiques persistantes. Parmi les priorités identifiées figurent l’investissement dans le capital humain, l’amélioration de la gouvernance et la poursuite des réformes structurelles.
De Bretton Woods au XXIᵉ siècle : quel héritage pour l’Afrique ?
Près de 80 ans après la conférence de Bretton Woods, qui avait dessiné les contours du système monétaire de l’après-guerre, le FMI fait aujourd’hui face à un monde multipolaire. Désormais, les économies émergentes réclament une gouvernance plus équitable et des mécanismes de financement adaptés à leurs réalités de terrain.
Mme Boukezia a justement convenu de la nécessité pour l’institution d’évoluer, notamment en accordant un droit de cité plus important aux voix africaines dans les processus décisionnels. Une position qui rejoint celle de nombreux dirigeants du continent, favorables à une réforme en profondeur des institutions de Bretton Woods.
Vers un partenariat gagnant-gagnant fondé sur l’action
La conférence de Lomé a également permis de réaffirmer l’importance du dialogue entre les institutions internationales et les acteurs locaux. Comme l’a souligné Robert Dussey, la construction d’un nouvel ordre économique mondial repose sur :
le respect de la souveraineté des États ;
un partenariat fondé sur l’égalité et la confiance mutuelle ;
des réformes institutionnelles intégrant les spécificités africaines.
Pour le Togo, cette doctrine se traduit déjà par des avancées tangibles : simplification des procédures administratives, digitalisation des services publics et amélioration de l’attractivité du pays auprès des investisseurs. Le gouvernement mise également sur des projets structurants, à l’image de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), pour faire du pays un hub économique régional.
Club diplomatique de Lomé : Vers un nouveau monde économique d’égal à égal
La tribune offerte à Racheeda Boukezia au Club diplomatique de Lomé envoie un signal fort : l’Afrique ne veut plus être un simple récepteur de recommandations, mais un acteur à part entière de la redéfinition des règles économiques mondiales.
Pour Robert Dussey et le Togo, l’enjeu est clair : bâtir un partenariat international plus juste, où chaque État peut développer son potentiel dans le respect de sa souveraineté.
Comme l’a résumé le ministre : « Continuons, ensemble, à construire un nouveau monde économique fondé sur le partenariat, le respect de la souveraineté des États et capable de soutenir durablement leur développement. »
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