Séisme de 7,8 aux Philippines : 15 morts et alerte au tsunami

PHILIPPINES, 8 juin 2026 – Un violent tremblement de terre de magnitude 7,8 a secoué tôt ce lundi matin l'île…

PHILIPPINES, 8 juin 2026 – Un violent tremblement de terre de magnitude 7,8 a secoué tôt ce lundi matin l’île de Mindanao, dans le sud des Philippines, provoquant l’effondrement de nombreux bâtiments et faisant au moins 15 morts, selon le bilan le plus récent.

Des secousses à 7h37, heure locale

Tôt ce lundi matin, un violent tremblement de terre de magnitude 7,8 a secoué l’île de Mindanao, dans le sud de l’archipel. Selon l’Institut géologique américain (USGS), le séisme s’est produit à 7 h 37 près des côtes, à quelque 24 kilomètres au large de la province de Sarangani, à une profondeur réévaluée à 55 kilomètres. Plus d’une dizaine de répliques ont suivi, dont une de magnitude 6,1 survenue en mer. La secousse principale a provoqué l’effondrement de plusieurs bâtiments, dont un immeuble commercial à General Santos City, et fait au moins trois morts selon les premiers bilans, un chiffre qui a depuis été revu à la hausse.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Quinze morts confirmés, dont des enfants

À mesure que les secours progressent dans les décombres, l’ampleur de la tragédie se précise. L’Agence nationale de gestion des catastrophes des Philippines a revu son bilan à la hausse, déplorant désormais au moins 15 morts. Le drame frappe principalement la région de Soccsksargen, où l’on dénombre 12 victimes, ainsi que la province de Davao occidental, qui compte trois décès.

La catastrophe prend une tournure d’autant plus dramatique qu’elle est survenue lors d’une journée particulièrement symbolique : celle de la rentrée scolaire nationale. Ce moment de retrouvailles s’est instantanément transformé en cauchemar, comme en témoignent d’effroyables vidéos circulant sur les réseaux sociaux.

Les images montrent une foule d’écoliers, rassemblés à la hâte dans la cour d’un établissement de Davao, hurlant de terreur et d’impuissance en regardant les murs de leurs salles de classe s’effondrer sous l’effet des secousses.

Effondrements de bâtiments et immeuble commercial à General Santos City

Le bilan humain et matériel s’alourdit à mesure que les témoignages du terrain parviennent aux autorités. À Alabel, une commune limitrophe de General Santos City, la violence de la secousse a été fatale. Le porte-parole de la police de Sarangani, Roland Catoburan, a confirmé que deux personnes avaient péri, écrasées par l’effondrement d’un mur.

Ce traumatisme se répercute de plein fouet dans les centres urbains de la région. Robert Dagon, responsable de la police de General Santos, la grande métropole de Mindanao, fait état également d’un mort et de quatre blessés, tout en redoutant des dégâts structurels majeurs : « Un certain nombre de bâtiments se sont effondrés. Des maisons se sont également écroulées. »

Cette vulnérabilité des infrastructures a été immédiatement illustrée par des images saisissantes : une vidéo amateur montre le moment précis où un immeuble de plusieurs étages, abritant un fast-food en plein cœur de General Santos, s’affaisse totalement dans un nuage de poussière.

Alerte tsunami dans tout le Pacifique

L’angoisse ne se limite pas aux destructions terrestres : la puissance de la secousse a immédiatement déclenché une alerte majeure à l’échelle régionale. Depuis Hawaï, le Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique (PTWC) a émis une mise en garde, anticipant la formation de vagues potentiellement dévastatrices de 1 à 3 mètres le long du littoral philippin.

La menace s’étend bien au-delà de l’archipel. Le centre prévoit également une houle sismique de 0,3 à 1 mètre sur les côtes de l’Indonésie et de la Malaisie. Face à l’imminence du danger, une véritable course contre la montre s’est engagée. Appliquant le principe de précaution, les autorités des trois pays ont ordonné des évacuations massives, exhortant les habitants des zones côtières à tout abandonner pour se mettre immédiatement en sécurité sur les hauteurs.

Évacuations massives et suspension des cours

Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a suspendu les cours dans les zones affectées de Mindanao et lancé un appel urgent : « Mettez-vous à l’abri sur un terrain plus élevé dès maintenant. N’attendez pas. Votre vie est plus importante que tout ce que vous laissez derrière vous. »

À Kiamba, ville côtière proche de l’épicentre, environ 50 000 habitants se sont réfugiés loin du littoral. « 80 % de la population est montée vers les hauteurs à  l’heure actuelle, », a rapporté Agripino Dacera, responsable régional de la gestion des catastrophes.

L’aéroport de General Santos a été fermé jusqu’à nouvel ordre, selon les autorités.

DR
© DR

En Indonésie et au Japon, l’alerte est donnée

En Indonésie voisine, l’Agence de gestion des catastrophes a diffusé un ordre d’évacuation dans plusieurs zones des Célèbes, dans le nord de l’archipel, en raison du risque de tsunami.

L’Agence météorologique japonaise (JMA) a aussi émis un avis de tsunami le long de la façade pacifique du pays, des îles méridionales d’Okinawa jusqu’à l’est de Tokyo.

Les Philippines dans la « ceinture de feu du Pacifique »

Situées sur la redoutable « ceinture de feu du Pacifique », une zone d’activité sismique particulièrement intense, les Philippines paient régulièrement un lourd tribut aux colères de la Terre. En octobre 2025, un puissant séisme avait déjà frappé le centre de l’archipel, faisant 76 morts.

Alors que le souvenir de ce récent drame plane encore sur les esprits, les secours se lancent désormais dans une course effrénée contre la montre au milieu des décombres de Mindanao. L’archipel retient son souffle, suspendu aux rapports des secouristes, tandis que la menace de nouvelles répliques fait peser une hantise permanente : celle de voir ce bilan déjà tragique s’alourdir d’heure en heure.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP