Le Togo a franchi une étape décisive dans la modernisation de sa police judiciaire. À Lomé, les autorités ont inauguré, ce jeudi 5 novembre 2026, un système automatisé d’identification des empreintes digitales, l’AFIS, destiné à accélérer les enquêtes criminelles et à renforcer la coopération sécuritaire régionale.
Une base nationale opérationnelle
Le dispositif permet aux enquêteurs de confronter, en quelques secondes, les traces relevées sur une scène de crime aux empreintes conservées dans la base nationale. Cette automatisation remplace des vérifications manuelles longues et limite ainsi les risques d’erreur humaine. Plus de 4 700 fiches d’empreintes ont déjà été intégrées au système. Les autorités présentent cette masse de données comme le socle d’une capacité d’investigation nouvelle pour la Police nationale et la Gendarmerie nationale.
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INTERPOL souligne depuis longtemps que le croisement des empreintes peut relier plusieurs affaires entre elles ou établir la présence d’un suspect sur les lieux d’un crime. L’AFIS togolais entend donc transformer une preuve matérielle en piste exploitable plus rapidement.
L’inauguration a également porté sur les locaux rénovés de la Police technique et scientifique de la Police nationale ainsi que de la Cellule d’investigation criminelle de la Gendarmerie nationale. Ces espaces accueilleront les activités d’analyse, de conservation des preuves et de coordination des enquêtes.
Le projet ne se limite pas à l’installation d’équipements. Il prévoit également la formation des agents, la modernisation des méthodes de travail et la mise en place de garanties destinées à protéger les données personnelles. Cette dimension de protection revêt une importance particulière dans un pays qui déploie parallèlement un vaste programme d’identification biométrique civile, l’e-ID Togo, fondé sur les empreintes, la photographie et le scan des iris.
L’Union européenne finance et accompagne l’initiative aux côtés de la CEDEAO et d’INTERPOL. Les partenaires y voient en effet un levier de lutte contre la criminalité transfrontalière, le trafic illicite et les réseaux qui exploitent les faiblesses des systèmes d’identification nationaux.
À terme, la base togolaise devra pouvoir échanger avec celles des 169 États membres d’INTERPOL, dans le respect des normes internationales. Cette interconnexion pourrait ainsi faciliter l’identification de personnes recherchées au-delà des frontières ouest-africaines.
Pour Lomé, l’enjeu dépasse la seule dotation technologique. Il consiste également à ancrer une police scientifique plus fiable, à renforcer la confiance des citoyens dans les enquêtes et, plus largement, à faire du Togo un acteur plus crédible de la sécurité régionale.
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