Lomé, 24 avril 2026 — À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, le Togo a inauguré le Laboratoire national de sécurité sanitaire et phytosanitaire des aliments (LaNSA). Un outil de pointe qui entend transformer les produits du cru en passeports pour l’exportation et renforcer la souveraineté alimentaire.
C’est une inauguration aux allures de manifeste. Sous le soleil de Lomé, au cœur des célébrations républicaines, le président Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové, accompagné du président du Sénat, Barry Moussa Barqué, a dévoilé la plaque du LaNSA en présence des membres du gouvernement, des autorités administratives et militaires, des parlementaires, des collectivités territoriales ainsi que des partenaires au développement. Plus qu’un simple bâtiment administratif, cet établissement public à caractère scientifique incarne la nouvelle ambition d’un État qui veut désormais contrôler ce qu’il consomme et, surtout, ce qu’il exporte.
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Une sentinelle contre la fraude
L’implantation du LaNSA répond à une nécessité de santé publique autant qu’à une urgence économique. Doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, le laboratoire s’impose comme le garant d’une surveillance rigoureuse des produits circulant sur le territoire. La lutte contre la fraude alimentaire et les risques de contamination devient ainsi une réalité technique, plutôt qu’un simple vœu politique.
Mais l’enjeu dépasse la seule protection du consommateur local. Le LaNSA s’impose comme un pilier stratégique du dispositif togolais de contrôle alimentaire, en sécurisant chaque maillon de la chaîne de valeur agroalimentaire. Grâce à son accompagnement technique, il offre aux agronomes, producteurs et transformateurs un diagnostic permanent, leur permettant de se conformer aux normes en vigueur et de prévenir les risques sanitaires.

Le défi de la reconnaissance internationale
La crédibilité de l’institution repose sur un socle solide : son accréditation, obtenue en novembre 2023. Cette reconnaissance internationale garantit la fiabilité des analyses produites par ses trois départements spécialisés : physico-chimie, microbiologie et valorisation. Le LaNSA peut ainsi détecter les métaux lourds, évaluer la valeur nutritionnelle des denrées destinées à la consommation humaine et animale, et prévoit d’élargir son offre analytique dès juin 2026 afin de couvrir une gamme plus vaste de matrices alimentaires.
Cette montée en puissance constitue un atout majeur pour le « Made in Togo », qui pourra désormais accéder à des marchés régionaux et internationaux longtemps restés fermés faute de certification reconnue.

Un levier pour le monde paysan
En définitive, le LaNSA se veut un partenaire clé du monde agricole togolais, souvent confronté aux exigences strictes des marchés internationaux. En offrant un gage de crédibilité auprès des partenaires commerciaux, l’institution ambitionne d’accompagner la transformation d’une agriculture familiale en une agro-industrie plus compétitive.
Reste à savoir si cette rigueur scientifique suffira à convaincre des marchés globaux toujours plus exigeants, ou si le laboratoire devra encore élargir son champ d’action pour s’imposer comme une référence incontournable dans la sous-région. Pour Lomé, le chemin vers une souveraineté économique renforcée passe désormais, très concrètement, par la paillasse des laboratoires.




