Le Togo veut consolider sa place de hub logistique en Afrique de l’Ouest. C’est dans cette perspective que le ministre de l’Économie maritime, de la Pêche et de la Protection côtière, Kokou Edem Tengue, a reçu le 21 février 2026, à Lomé, l’ambassadrice de Turquie au Togo, S.E. Mme Kılıç Muteber.
Au cœur des échanges : le renforcement du partenariat maritime entre les deux pays, avec en ligne de mire la mise en place d’un corridor logistique direct entre le Port autonome de Lomé et le Port de Mersin.
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Un partenariat qui change d’échelle
Les relations commerciales entre Lomé et Ankara ont connu une progression régulière ces dernières années. Le volume des échanges avoisine désormais les 270 millions de dollars, un chiffre qui témoigne d’un intérêt croissant des opérateurs économiques des deux pays.
Mais pour les autorités togolaises, il ne s’agit plus seulement d’échanger davantage : l’ambition est d’échanger mieux.
La partie turque devrait soumettre prochainement un Mémorandum d’Entente (MoU) visant à formaliser ce partenariat maritime. Dans cette perspective, l’objectif est de fluidifier les flux de marchandises, de réduire les délais de transit et de renforcer également la compétitivité des entreprises togolaises sur les marchés internationaux.
Le Port de Lomé, pièce maîtresse de la stratégie togolaise
Seul port en eau profonde naturelle de la sous-région, le Port autonome de Lomé s’est imposé comme un carrefour logistique majeur pour les pays enclavés du Sahel.
Grâce à ses infrastructures modernisées et à sa capacité d’accueil de navires de grande taille, il constitue un atout stratégique pour le Togo. La création d’un corridor direct avec Mersin permettrait d’ouvrir une nouvelle porte vers le marché turc, mais aussi vers l’Europe et le Moyen-Orient.
Dans un contexte de concurrence accrue entre les ports ouest-africains, cette initiative s’inscrit dans la volonté de Lomé de maintenir son avance logistique.

Mersin, passerelle vers l’Eurasie
Situé sur la côte méditerranéenne, le Port de Mersin est l’un des principaux centres maritimes de Turquie. Il relie l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient à travers un réseau dense de lignes commerciales.
Pour le Togo, se connecter plus directement à cette plateforme revient à diversifier ses partenaires commerciaux et à sécuriser de nouveaux débouchés pour ses exportations.
Une diplomatie économique assumée
Au-delà des chiffres, cette rencontre illustre une stratégie plus large : celle d’une diplomatie tournée vers l’efficacité économique.
Le gouvernement togolais multiplie les partenariats ciblés afin de renforcer les infrastructures, d’attirer des investissements et créer des opportunités pour les entreprises locales.
Dans cette dynamique, le secteur maritime occupe une place centrale. Le transport et la logistique représentent un levier essentiel pour soutenir la croissance, notamment dans un pays dont l’économie dépend fortement des échanges commerciaux.
Vers un corridor logistique performant ?
La mise en place d’un corridor direct pourrait réduire les coûts de transport, améliorer la prévisibilité des délais de livraison, renforcer les échanges industriels et agroalimentaires, et accroître les recettes portuaires.
Reste à transformer l’intention politique en réalisations concrètes. La signature et la mise en œuvre du mémorandum d’entente seront aussi déterminantes pour donner corps à cette ambition.
Un signal fort pour la compétitivité du Togo
Dans un environnement économique mondial marqué par les tensions géopolitiques et la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement, le Togo cherche aussi à consolider sa position.
Ainsi, en renforçant ses liens avec la Turquie et en misant sur la performance logistique, Lomé envoie un signal fort : le pays entend jouer un rôle de premier plan dans le commerce régional et international.




