La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI‑Togo) a achevé, lundi 20 avril, une mission économique de dix jours en Chine. Pour la cinquantaine d’entrepreneurs mobilisés, l’enjeu dépasse le simple commerce : il s’agit, en effet, d’ancrer le transfert de technologies au cœur de la coopération bilatérale. Ainsi, cette mission visait autant à nouer des partenariats commerciaux qu’à capter des savoir‑faire industriels indispensables à la transformation économique du Togo.
Du 11 au 20 avril, les hôtels de la province du Hebei, dans le nord de la Chine, ont pris des accents togolais. Une délégation de près de cinquante chefs d’entreprise, menée par les commissaires Esso Byou Bekley et Komlan Assignon, y a multiplié les rencontres de haut niveau. Par conséquent, cette deuxième mission sous l’impulsion du président de la CCI‑Togo, José Kwassi Symenouh, marque une étape supplémentaire dans l’offensive de charme de Lomé vers l’Asie.
Le Hebei, nouveau laboratoire des ambitions togolaises
Le choix de la province du Hebei n’est pas fortuit : ce pôle industriel majeur, voisin de Pékin, offre un miroir aux ambitions de développement du Togo. De l’agroalimentaire au textile, en passant par le BTP et les énergies renouvelables, les opérateurs togolais ont ainsi sillonné les centres névralgiques de la région : usines de machines agricoles, parcs dédiés à l’économie numérique et unités de fabrication manufacturière. À Baoding, point d’orgue de la tournée, la visite d’usines de véhicules électriques a suscité un intérêt particulier, car la transition énergétique est perçue comme un levier de croissance autant qu’une nécessité environnementale.
« Nous envisageons des partenariats dans le secteur automobile, incluant des projets d’investissement commun », confie l’un des participants, convaincu que l’importation de savoir‑faire vaut autant que celle de produits finis.
Au-delà des simples échanges de cartes de visite, la mission s’est appuyée sur un cadre diplomatique solide. Le ministre conseiller de l’ambassade du Togo en Chine a rappelé, lors d’une cérémonie officielle, les avantages comparatifs dont jouit le pays : la Chine demeure le premier partenaire commercial du Togo et l’exonération des droits de douane sur une large gamme de produits togolais constitue une aubaine pour les exportateurs locaux. Cependant, le flux ne se veut pas unidirectionnel : à Shijiazhuang, lors d’un forum Chine‑Afrique, les discussions ont porté sur le transfert de technologie dans les domaines médical, de l’énergie et des engins de chantier.
En outre, plusieurs accords ont été conclus, matérialisant la volonté de la CCI‑Togo de transformer les entreprises locales en partenaires industriels plutôt qu’en simples distributeurs.
La visite du marché électronique de Taihe a également permis à la délégation de se confronter à la puissance du e‑commerce chinois. Pour la CCI‑Togo, l’objectif est donc d’aider les PME togolaises à intégrer ces mécanismes complexes afin d’optimiser leurs circuits d’import‑export. De fait, en facilitant cet accès direct à l’innovation chinoise, la chambre consulaire confirme son rôle de pivot dans l’internationalisation du secteur privé togolais.
Dès lors, pour Lomé, cette mission constitue une pièce de plus sur l’échiquier d’une diplomatie économique qui cherche à diversifier ses appuis et à nourrir la transformation industrielle du pays.
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