Lomé a officiellement lancé, le 7 avril, les consultations pour l’élaboration de sa demande de subvention 2027‑2029. Il s’agit d’un exercice de planification stratégique qui vise à amplifier la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme tout en renforçant le système de soins.

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Un partenariat de longue date qui entre dans une nouvelle phase
Vingt‑quatre ans après le début de sa collaboration avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le Togo s’apprête à franchir une nouvelle étape de son partenariat sanitaire. En effet, sous l’impulsion du conseil d’administration de l’organisation internationale, qui a annoncé une nouvelle allocation en mars dernier, les autorités de Lomé ont initié le « dialogue pays ». Ce processus de concertation, pivot du « Cycle 8 » des subventions, doit aboutir à une requête de financement unique pour la période 2027‑2029.
Ces nouvelles ambitions s’inscrivent donc dans la continuité des progrès enregistrés ces deux dernières décennies, marqués par une amélioration notable de la prévention et de la prise en charge des patients atteints de ces trois maladies.

Priorisation fondée sur les données
L’enjeu est de taille pour ce pays d’Afrique de l’Ouest qui a fait de la couverture sanitaire universelle un pilier de sa politique sociale. Ainsi, présidée par Kassa‑Traoré Zouleratou, gouverneure du district autonome du Grand Lomé et présidente du Mécanisme de coordination nationale (CCM), la cérémonie de lancement a réuni l’ensemble des acteurs de la chaîne de santé : représentants gouvernementaux, partenaires techniques — dont l’Organisation mondiale de la santé — et délégués de la société civile.
Par conséquent, l’exercice ne se veut pas seulement administratif ; il se doit d’être scientifique et inclusif. Pour Jean‑Marie Koffi Ewonoule Tessi, secrétaire général représentant le ministère de la Santé, il s’agit d’ajuster les investissements aux réalités du terrain. La future demande de financement devra s’appuyer sur des données épidémiologiques actualisées et répondre aux dernières normes de l’OMS.
L’allocation devra ainsi faire l’objet d’une priorisation rigoureuse, fondée sur les indicateurs sanitaires les plus récents, afin d’orienter efficacement les ressources vers les populations et zones les plus vulnérables.
La lutte contre les pandémies comme levier de transformation
Le Togo affiche une volonté de « transformer plus vite » son système de santé, selon les vœux du président Faure Essozimna Gnassingbé. Dans cette optique, la lutte contre les trois grandes pandémies (VIH, tuberculose et paludisme) sert de levier pour moderniser les structures existantes et améliorer durablement l’état de santé des populations les plus vulnérables.

La société civile, partenaire indispensable
Cependant, l’efficacité de ces fonds repose sur une appropriation locale forte. C’est pourquoi Augustin Dokla, porte‑parole de la société civile, a plaidé pour une « institutionnalisation formelle » du dialogue et appelé à une participation pleine des organisations communautaires à chaque étape du processus, de la négociation initiale au suivi‑évaluation final.
De plus, au‑delà des mécanismes financiers, ce processus traduit une exigence de gouvernance défendue par le Fonds mondial, qui privilégie des programmes pilotés par les pays eux‑mêmes, fondés sur la transparence et la participation active de l’ensemble des parties prenantes.
Vers des résultats mesurables dès 2027
Pour les acteurs non étatiques, l’enjeu du Cycle 8 réside dans l’augmentation des ressources allouées aux interventions de proximité. Le Fonds mondial encourage d’ailleurs cette dynamique, rappelant que les programmes les plus performants sont ceux dirigés par les pays et portés par une diversité de parties prenantes.
Ainsi, étape déterminante, le dialogue pays constitue le socle sur lequel reposera l’ensemble de la demande de financement, en alignant les priorités nationales sur les exigences techniques et stratégiques des partenaires internationaux. Dès lors, ce dialogue constitue la première pierre d’un édifice financier dont les résultats se mesureront dès 2027, avec l’ambition de réduire drastiquement les indicateurs de mortalité liés à ces trois maladies majeures.




