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Lomé : l’Afrique de l’Ouest lance une consultation sur les solutions ouvertes

Lomé , 20 mai 2026 — Dans une salle de conférence de l’Hôtel Sarakawa, les débats ont rapidement dépassé les…

Lomé , 20 mai 2026 Dans une salle de conférence de l’Hôtel Sarakawa, les débats ont rapidement dépassé les simples questions universitaires. Derrière les expressions techniques comme « Ressources éducatives libres », « Accès ouvert » ou « Données ouvertes », c’est en réalité une bataille stratégique autour du contrôle du savoir, de la recherche et de l’accès à l’information qui s’est ouverte ce mardi 19 mai 2026 à Lomé.

Chercheurs, responsables politiques, experts du numérique et représentants d’organisations régionales ont officiellement lancé la consultation régionale ouest-africaine sur les solutions ouvertes, avec un objectif ambitieux : construire un modèle africain de partage des connaissances moins dépendant des barrières financières, des plateformes fermées et des inégalités d’accès au numérique.

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Organisée avec l’appui de UNESCO, la rencontre place au centre des discussions une approche intégrée des Ressources éducatives libres (REL), de l’Accès ouvert (AO) et des Données ouvertes (DO). Trois concepts techniques qui, pour les participants, représentent désormais des leviers essentiels de souveraineté éducative et scientifique.

Ministère de l'Enseignement Supérieur
© Ministère de l'Enseignement Supérieur

Consultation régionale : la bataille  de l’accès au savoir

 

Dans de nombreux pays ouest-africains, étudiants, enseignants et chercheurs restent confrontés à des obstacles persistants : coût élevé des publications scientifiques, accès limité aux bibliothèques numériques, infrastructures insuffisantes et faibles financements de la recherche. À Lomé, plusieurs intervenants ont insisté sur un constat partagé : sans accès libre à la connaissance, l’Afrique risque de rester consommatrice de contenus produits ailleurs plutôt qu’actrice de sa propre innovation.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, Deweh Emily Gray a salué les avancées enregistrées dans la région en matière de ressources éducatives libres et de données ouvertes. Elle a toutefois alerté sur la nécessité de renforcer la coordination régionale, la durabilité des initiatives ainsi que les politiques numériques capables de soutenir un véritable écosystème régional de connaissance ouverte.

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Sierra Leone : le numérique comme défi d’égalité

 

Le discours de Sarjoh Aziz-Kamara a illustré les réalités auxquelles de nombreux systèmes universitaires africains restent confrontés. Le responsable sierra-léonais a mis en avant les efforts engagés dans son pays pour accélérer la transformation numérique de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Mais derrière cette ambition demeurent des difficultés majeures : manque d’infrastructures numériques, accès limité aux équipements informatiques et insuffisance des financements dédiés à la recherche scientifique. À travers ces échanges, un enjeu apparaît clairement : la fracture numérique ne se limite plus à l’accès à Internet. Elle touche désormais la capacité même des États à produire, stocker et diffuser leurs propres connaissances.

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Le Togo veut devenir un acteur régional de la science ouverte

 

En ouvrant officiellement les travaux, Gado Tchangbedji a insisté sur l’importance stratégique de cette consultation régionale pour la période 2026-2030.Le responsable togolais a présenté l’ambition du pays : faire de l’éducation, de la recherche et de l’innovation des piliers de compétitivité et de résilience.

Dans cette dynamique, le gouvernement mise notamment sur le développement des bibliothèques numériques, la digitalisation des services universitaires, l’amélioration de la connectivité académique et la promotion des pratiques de science ouverte. Derrière ces projets, Lomé cherche aussi à consolider son positionnement comme hub régional des politiques numériques et éducatives en Afrique de l’Ouest.

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Une coopération régionale devenue stratégique

 

Au fil des discussions, une idée revient avec insistance : aucun pays ouest-africain ne pourra relever seul les défis liés à l’économie de la connaissance. Les participants plaident ainsi pour des plateformes régionales communes, des politiques harmonisées et des mécanismes de partage plus fluides entre universités, centres de recherche et institutions publiques.

 

Les travaux engagés à Lomé devraient déboucher sur des recommandations concrètes ainsi qu’une feuille de route régionale destinée à accélérer l’intégration des solutions ouvertes dans les politiques éducatives et scientifiques. Au-delà des déclarations officielles, cette consultation traduit surtout une évolution plus profonde : en Afrique de l’Ouest, la question de l’accès au savoir devient progressivement un enjeu de souveraineté, de compétitivité et de développement stratégique.

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