Le ministère de l’Éducation nationale a proclamé les résultats du Certificat d’études du premier degré (CEPD). Si le taux de réussite global s’établit à 76,04 %, l’introduction de critères de notation beaucoup plus stricts transforme cette session en un révélateur social. Au-delà des chiffres, une urgence s’impose : réinventer le regard des parents sur l’échec pour éviter que l’échec scolaire ne se transforme en drame familial.
Lomé, le 2 juillet 2026 – Dans tout le pays, les établissements scolaires ont vécu au rythme des cris de joie des admis et de la déception des recalés. Le verdict est officiel : sur les 232 117 candidats évalués à l’échelle nationale, 180 972 ont décroché leur premier diplôme scolaire. Le pays enregistre ainsi un taux de réussite de 76,04 %.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Pour les autorités éducatives, ce score valide la dynamique des réformes structurelles engagées au niveau du primaire. Pourtant, dans l’ombre de la performance globale, près de 24 % des candidats — soit plus de 51 000 jeunes apprenants — se retrouvent aujourd’hui sur le carreau. Un choc d’autant plus brutal que cette session était la première organisée selon de nouveaux critères de notation.
La réforme face à la réalité des écoliers
Cette session du CEPD marquait en effet un tournant avec l’entrée en vigueur de nouveaux critères d’évaluation particulièrement rigoureux. Dictée, rédaction, problème et calcul mental : le ministère a revu ses exigences à la hausse. L’objectif affiché était limpide : « améliorer davantage la qualité des évaluations et l’objectivité dans la notation des compétences acquises par les apprenants ».
Si cette quête d’excellence est indispensable pour rehausser le niveau du système éducatif togolais, elle a considérablement durci l’accès au sésame pour des enfants à peine sortis de la petite enfance. Face à des copies notées avec des critères de correction plus exigeants, le couperet est tombé, laissant des milliers de familles face au spectre du redoublement.
Au-delà des résultats, un défi pour les familles
C’est précisément ici que le rôle de la communauté et de la cellule familiale devient vital. À l’heure où les listes d’admis sont scrutées, un appel pressant doit être lancé à l’ensemble des parents d’élèves : le verdict d’un examen ne doit jamais devenir un arrêt de mort psychologique ou physique pour un enfant.
Chaque année, la pression sociale, les attentes familiales ou la peur du regard des autres conduisent certains parents à réagir avec colère, humiliation ou sanctions sévères après un échec. Pourtant, des spécialistes de la santé mentale alertent régulièrement sur les effets de la stigmatisation et de la pression excessive exercée sur certains élèves après un échec scolaire. Dans les situations les plus graves, cette détresse peut conduire à des passages à l’acte.
Un examen peut toujours être repassé. Une vie, en revanche, ne se rattrape jamais. Au lieu de blâmer vos enfants, entourez-les. L’échec à un examen, aussi important soit-il, ne doit jamais remettre en cause la valeur d’un enfant ni compromettre son avenir. Au contraire, il peut constituer une étape d’apprentissage et un levier de progression lorsqu’il est accompagné avec bienveillance.
Car un enfant soutenu par ses parents après un échec développe la résilience nécessaire pour réussir demain. À l’heure où des milliers de familles célèbrent la réussite de leurs enfants, une pensée s’impose également pour ceux qui n’ont pas franchi cette étape. Un examen se repasse, mais une jeune vie brisée ne se remplace jamais.




