Togo : Après l’AIMF, les maires mobilisent la diaspora à Paris

PARIS, 7 juillet 2026 — Vingt-quatre heures après avoir balisé les financements institutionnels au siège de l’Association internationale des maires…

PARIS, 7 juillet 2026 — Vingt-quatre heures après avoir balisé les financements institutionnels au siège de l’Association internationale des maires francophones (AIMF), la délégation des municipalités togolaises passe à la vitesse supérieure. Menée par le ministre Koamy Gomado, également maire de la commune du Golfe 1, la mission entame le second volet stratégique de son offensive parisienne : transformer le capital humain et économique de la diaspora en un moteur direct du développement local.

Cette séquence cruciale a débuté le 6 juillet 2026 par une séance de cadrage diplomatique auprès de Son Excellence Monsieur Ouro Koura Tchagara Agadazi, ambassadeur du Togo en France. Elle a ensuite débouché sur un dialogue direct et pragmatique avec les représentants des Togolais de l’extérieur.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Faitière des Communes du Togo
© Faitière des Communes du Togo

Une représentativité territoriale inédite pour rassurer les investisseurs

L’impact politique de cette rencontre réside d’abord dans la composition de la délégation. Aux côtés du ministre Gomado, la présence de Madame Touni Koubonou, présidente de la Faîtière des communes du Togo (FCT) et maire de Doufelgou 2, ainsi que des maires et représentants de territoires clés (Lacs 1, Tchaoudjo 1, Tône 1, Anié 1, Kozah 3, Kloto 1, Ogou 1 et Sotouboua 2) envoie un signal fort. De plus, accompagnés de cinq experts techniques, ces élus incarnent la diversité et la réalité du Togo profond.

Pour la diaspora, souvent habituée à des interactions centralisées avec la capitale, voir les édiles de l’intérieur du pays présenter les opportunités de leurs localités respectives constitue une réelle valeur ajoutée. En effet, c’est la preuve que la décentralisation n’est plus un concept administratif, mais une réalité économique de terrain où chaque commune dispose désormais de la personnalité juridique pour contracter des partenariats.

Faitière des Communes du Togo
© Faitière des Communes du Togo

Au-delà des transferts de fonds : l’ingénierie du co-développement

L’enjeu majeur de cette mobilisation est de faire évoluer le rôle de la diaspora. Traditionnellement sollicités pour l’aide familiale ou des actions caritatives ponctuelles, les Togolais de l’extérieur sont désormais invités à devenir des investisseurs et des apporteurs d’expertise pour leurs communes d’origine.

Par ailleurs, soutenue techniquement et financièrement par l’Ambassade de France au Togo à travers le Projet d’appui à la gouvernance territoriale (PAGT 2025-2027), la FCT structure cette démarche autour de trois livrables immédiats :

  • L’institutionnalisation du dialogue : la création d’un comité ad hoc dédié à l’implication de la diaspora permettra de cartographier les compétences des Togolais de France et de les aligner sur les besoins techniques des municipalités (urbanisme, transition écologique, gestion des déchets).

  • Le jumelage de projets (intercommunalité transfrontalière) : le développement de coopérations décentralisées directes entre les communes de résidence en France et les communes d’origine au Togo. Ce mécanisme facilitera la captation de financements croisés et le transfert de technologies adaptées aux contextes locaux.

  • La capitalisation sur la jeunesse : un plaidoyer novateur sera mené pour que les universités françaises valident les stages professionnels effectués par les étudiants de la diaspora au sein des mairies togolaises. Une formule gagnant-gagnant qui offre de l’expérience aux étudiants tout en dotant les communes de compétences de pointe à moindre coût.

Faitière des Communes du Togo
© Faitière des Communes du Togo

Le double pari de Lomé

En couplant l’accès aux grands réseaux francophones (AIMF) et la mobilisation fine de sa diaspora, le Togo dessine les contours d’une diplomatie territoriale moderne. Désormais, la réussite de cette feuille de route dépendra de la capacité du comité ad hoc à fluidifier les procédures administratives et à offrir des garanties de transparence aux investisseurs de la diaspora. Une chose est sûre : à Paris, les maires togolais ont démontré qu’ils disposent des compétences nécessaires pour jouer dans la cour des grands.

Faitière des Communes du Togo
© Faitière des Communes du Togo

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP