Togo : la HAPLUCIA prépare 9 outils pour enseigner l’intégrité à l’université

KPALIMÉ, 1ᵉʳ septembre 2026 — Le Togo veut déplacer une partie de la lutte contre la corruption vers les salles…

KPALIMÉ, 1ᵉʳ septembre 2026 — Le Togo veut déplacer une partie de la lutte contre la corruption vers les salles de cours. À Kpalimé, la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) a lancé lundi un atelier destiné à valider neuf outils pédagogiques consacrés à l’éducation à l’intégrité dans l’enseignement supérieur.

La démarche, qui se poursuit jusqu’au 4 septembre à l’Hôtel Les Merveilles, cherche à inscrire les principes de probité, de responsabilité et de respect de la chose publique dans les parcours universitaires. L’enjeu est de former, en amont de leur entrée dans la vie professionnelle, des étudiants capables d’identifier les situations susceptibles de favoriser les comportements contraires à l’éthique.

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Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
© Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
L’université ciblée comme premier terrain de prévention

L’initiative marque un changement d’approche dans la lutte contre la corruption. Au-delà des dispositifs de contrôle et des sanctions, les autorités veulent agir sur les comportements avant que les pratiques irrégulières ne s’installent.

Les neuf documents soumis à l’examen des responsables pédagogiques des établissements publics et privés couvrent plusieurs niveaux de formation. Le dispositif comprend six manuels pour le parcours de Licence, répartis entre trois ouvrages destinés aux enseignants et trois aux étudiants. S’y ajoutent deux manuels de cours pour le Master et un document consacré au séminaire doctoral.

Cette architecture doit également permettre d’intégrer progressivement l’éducation à l’intégrité dans différents cycles universitaires, avec des contenus adaptés aux responsabilités académiques et professionnelles attendues à chaque niveau.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
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Former aux dilemmes plutôt que transmettre des principes abstraits

Pour le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Prof. Gado Tchangbedji, la prévention efficace suppose de dépasser une approche limitée à la répression. Lors de l’ouverture officielle des travaux, il a défendu une pédagogie fondée sur les études de cas, les débats, les mises en situation et l’analyse des dilemmes éthiques. Une telle méthode doit confronter les étudiants à des situations proches de celles qu’ils pourraient rencontrer dans leur future activité professionnelle.

L’objectif est concret : leur apprendre à repérer les risques, à comprendre les conséquences d’une décision contraire à l’éthique et à développer les réflexes nécessaires pour résister aux pressions ou aux pratiques irrégulières. Cette orientation donne à l’éducation à l’intégrité une dimension opérationnelle. Il ne s’agit plus seulement de connaître les principes de probité, mais de savoir les appliquer lorsqu’une décision implique un conflit d’intérêts, une pression hiérarchique, un avantage indu ou une atteinte aux ressources collectives.

Neuf outils soumis à l’exigence scientifique

L’atelier réunit les responsables pédagogiques des institutions d’enseignement supérieur publiques et privées autour d’un même objectif : examiner la pertinence scientifique et pédagogique des contenus avant leur intégration dans les formations.

Le président de la HAPLUCIA, Kimelabalou Aba, a appelé les participants à faire preuve d’exigence dans ce travail de validation. Pour lui, l’enjeu dépasse la production de supports de cours : il s’agit de faire du système éducatif un levier capable de transformer durablement les comportements.

La qualité des outils constituera donc un élément déterminant. Leur contenu devra être suffisamment adapté aux réalités nationales pour permettre aux enseignants de transmettre des notions d’intégrité qui trouvent une traduction concrète dans la vie académique, professionnelle et citoyenne.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
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Une exigence d’exemplarité pour les universités

Le ministre délégué a toutefois posé une condition essentielle : l’enseignement de l’intégrité ne peut être dissocié des pratiques des établissements eux-mêmes. Former les étudiants à la probité tout en tolérant des pratiques institutionnelles contraires à ces principes créerait une contradiction difficilement défendable. L’université doit donc devenir elle-même un environnement où la transparence, la responsabilité et le respect des règles sont visibles dans les pratiques quotidiennes.

Cette exigence donne à l’initiative une portée plus large. Elle concerne à la fois les programmes d’enseignement et la gouvernance des établissements.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
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La prévention comme investissement à long terme

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du ministre délégué, en présence notamment du président de la HAPLUCIA et du gouverneur de la région des Plateaux, le Général de brigade Dadja Maganawe, qui s’est félicité du choix de Kpalimé pour accueillir les travaux. Le ministre a également salué la vision du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, dans le cadre des réformes structurelles engagées par le pays.

Par ailleurs, le véritable test de cette initiative sera sa capacité à produire des changements durables dans les pratiques. En plaçant l’intégrité dans les programmes universitaires, les autorités togolaises cherchent ainsi à agir sur l’une des dimensions les plus difficiles de la lutte contre la corruption : la formation des comportements avant l’entrée dans la vie active.

Le pari est donc celui de la prévention à long terme. Former des étudiants à reconnaître et à refuser les pratiques contraires à l’éthique peut contribuer, à terme, à renforcer la responsabilité professionnelle et la confiance dans les institutions publiques et privées.

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