KENSCOFF (Haïti), 25 août 2026 — Une attaque coordonnée par la coalition de gangs « Viv Ansanm » a coûté la vie à au moins quarante‑sept personnes et fait vingt‑deux blessés dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août à Kenscoff, en périphérie de Port‑au‑Prince.
Les assaillants ont incendié plusieurs résidences et ciblé une église abritant des civils déplacés, déclenchant une indignation générale face à une crise sécuritaire qui ne cesse de s’aggraver.
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L’attaque de Kenscoff : les faits
Dans la nuit, des dizaines d’hommes lourdement armés ont pris d’assaut la commune de Kenscoff. Ils ont forcé l’entrée d’une église locale où de nombreuses familles cherchaient refuge face aux violences urbaines. Les membres du groupe Viv Ansanm ont alors ouvert le feu sur la foule avant d’incendier les infrastructures et les maisons environnantes.
Le bilan est particulièrement meurtrier : les Nations Unies et les autorités locales dénombrent quarante‑sept morts et vingt‑deux blessés, tandis que les secouristes estiment que ce chiffre pourrait augmenter à mesure qu’ils dégagent les décombres.
Par ailleurs, les assaillants ont procédé à des enlèvements massifs, emmenant plus de cinquante personnes lors de l’incursion. Enfin, les cibles ont été clairement identifiées : les hommes armés ont détruit un lieu de culte servant de refuge ainsi que des propriétés appartenant à des figures locales engagées dans l’aide humanitaire.
Réactions et sentiment d’abandon
Les survivants et les résidents locaux pointent directement du doigt l’inaction des forces de sécurité. Le maire de Kenscoff, Massillon Jean, a confirmé la difficulté de dresser un bilan définitif dans l’immédiat en raison des problèmes de communication et d’accès à la zone.
Les habitants accusent l’État et la force multinationale soutenue par l’ONU de les laisser à la merci des criminels. En réponse, le bureau du Premier ministre Alix Didier Fils‑Aimé a publié un communiqué exprimant sa « profonde compassion» envers les victimes.

Un contexte de chaos national
Ce nouveau massacre s’inscrit dans une spirale de violence qui paralyse Haïti. Les faits actuels dressent un tableau alarmant: les gangs contrôlent désormais près de 70 % de la capitale et de ses quartiers périphériques, imposant leur domination territoriale. Parallèlement, les violences armées ont provoqué une crise humanitaire majeure, contraignant plus de 1,5 million de personnes à fuir leurs foyers à travers le pays.
Cette instabilité menace directement la sécurité et l’organisation des élections générales prévues le 13 décembre 2026, premier scrutin national planifié depuis plus d’une décennie.
En définitive, l’attaque de Kenscoff illustre la faillite sécuritaire qui gangrène Haïti et met en lumière l’impuissance des institutions face à des gangs désormais capables de défier l’État à grande échelle. Elle rappelle, avec une brutalité inédite, que la survie des populations dépend plus que jamais d’une réponse urgente et coordonnée, faute de quoi la spirale de violence risque de plonger le pays dans un chaos irréversible.




