LOMÉ, 25 août 2026 — Les acteurs économiques togolais amorcent un virage stratégique décisif : la fin du modèle de la simple production agricole. Pour conquérir les marchés internationaux et retenir la valeur ajoutée sur le territoire, les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) du pays doivent désormais transformer, certifier et exporter leurs produits finis.
Cette nouvelle directive économique dicte l’agenda de la 14ᵉ édition de la foire ADJAFI, un événement commercial de 18 jours qui délaisse son format d’exposition traditionnel pour devenir un véritable incubateur de modernisation industrielle.
Les organisateurs imposent de nouveaux standards commerciaux cette année. Pour combler le manque de capitaux et l’absence de certification qui freinent souvent les entrepreneurs locaux, la foire inaugure un pôle « Business & Finance » et un « Hall des innovations ». Ces plateformes connectent directement les porteurs de projets aux investisseurs capables de financer la modernisation de leurs équipements.
Parallèlement, la direction de l’événement lance le « Label Exposant Qualifié » adossé à une nouvelle Politique Qualité. Cette initiative force les entreprises à aligner leurs chaînes de production sur les normes internationales, une condition sine qua non pour s’exporter durablement.
Le gouvernement togolais appuie cette restructuration du secteur privé en déployant un plan d’action articulé autour de trois piliers : la protection, le rassemblement et la transformation.
Les autorités s’engagent d’abord à blinder les TPME contre les chocs économiques afin d’assurer leur résilience. Elles prévoient ensuite de centraliser l’expertise des différents acteurs du marché pour fournir des solutions concrètes aux entrepreneurs. Enfin, l’État finance les initiatives qui stimulent la compétitivité et favorisent la création d’emplois locaux.
À terme, cette réorganisation de l’écosystème entrepreneurial vise un objectif clair : imposer le savoir-faire togolais sur la scène mondiale tout en garantissant que les retombées financières de l’agro-industrie profitent d’abord à l’économie nationale.