À Lomé, l’heure était au recueillement. À la veille de la célébration officielle de l’accession du Togo à la souveraineté internationale, le ton a été donné ce dimanche 26 avril à Agoè-Nyivé. Entre ferveur religieuse et symbolisme politique, le pays entame ainsi les festivités de son 66ᵉ anniversaire avec un mot d’ordre clair : la cohésion nationale.
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Une délégation de haut rang pour un symbole fort
Alors que le Togo s’apprête à marquer une nouvelle étape de son histoire, c’est dans la sobriété et la spiritualité que les festivités ont débuté. Le culte d’action de grâce, tenu à l’Église évangélique presbytérienne du Togo (EEPT), dans la commune d’Agoè-Nyivé 1, a pris une dimension institutionnelle particulière cette année.
En effet, c’est le professeur Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale, qui a conduit la délégation officielle. Agissant en qualité de représentant personnel du président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, sa présence souligne l’importance accordée à la continuité de l’État et au respect des traditions républicaines dans un contexte de réformes institutionnelles. Autour de lui, plusieurs personnalités politiques, administratives, militaires et communales ont pris part à la cérémonie, renforçant la portée symbolique de ce moment.
« Reviens au bon berger » : un appel à la vie communautaire
Loin des parades militaires prévues pour le lendemain, l’atmosphère à Agoè-Nyivé 1 était à l’introspection. Sous la houlette du révérend pasteur Jésus Amavi Dogbé, l’office a été articulé autour d’une thématique évocatrice : « Reviens au bon berger et participe à la vie communautaire ».
Pourquoi ce choix ? Dans un Togo confronté aux défis sécuritaires régionaux et aux mutations sociales, l’Église a voulu envoyer un message de rassemblement. D’une part, pour rappeler la nécessité d’une boussole morale pour les citoyens ; d’autre part, pour encourager l’engagement civique et la solidarité, piliers du « vivre-ensemble » cher aux autorités de Lomé.
« Nous nous sommes réunis pour témoigner notre gratitude pour la protection et la miséricorde dont nous avons été l’objet jusqu’à ce jour », a martelé le pasteur Dogbé durant sa prédication.
Prières pour la stabilité et le progrès
Au-delà de l’aspect liturgique, les enjeux de l’heure se sont invités dans les oraisons. Le célébrant a élevé des prières spécifiques pour le sommet de l’État, implorant la « sagesse et le discernement » pour le président du Conseil et son gouvernement.
Toutefois, le message ne s’est pas limité aux élites : le pasteur a accordé une attention particulière aux populations vulnérables, aux veuves et aux orphelins, rappelant que l’indépendance n’a de sens que si elle profite aux plus fragiles de la société.
Un prélude à la fête nationale
Ce moment de dévotion marque le coup d’envoi d’une série de manifestations à travers le pays. En mobilisant les corps constitués — militaires, politiques et administratifs — autour de ce culte, le pouvoir togolais réaffirme ainsi sa volonté de placer ce 66ᵉ anniversaire sous le sceau de la paix sociale et de la prospérité partagée.
Alors que les drapeaux flottent déjà sur les grandes artères de la capitale, ce dimanche à l’EEPT a rappelé que, derrière les chiffres de la croissance et les chantiers de développement, l’unité nationale reste le socle indispensable sur lequel repose l’avenir du pays.




