Lomé/Lundi 20 avril 2026 – En recueillant l’aval de la CEDEAO et de l’Union africaine pour sa nouvelle stratégie sahélienne 2026-2028, le président Faure Gnassingbé consolide son rôle de pivot diplomatique dans une région fragmentée.
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Dans les couloirs feutrés de la présidence à Lomé, l’heure est à la satisfaction diplomatique. Quelques jours après la clôture de la Réunion de haut niveau consacrée à la nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel (2026-2028), le pouvoir togolais voit son activisme régional une nouvelle fois adoubé par les grandes instances multilatérales.
Lundi, une délégation de poids, menée par le président de la commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, et le haut-représentant de l’Union africaine pour le Sahel, Mamadou Tangara, est venue saluer une initiative qui, selon eux, pourrait offrir un nouveau souffle à la coopération transfrontalière.

Un « pont » entre blocs rivaux
L’enjeu pour Lomé est de taille : ne pas laisser s’installer un fossé irrémédiable entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso et Niger — et leurs voisins côtiers. Alors que les tensions institutionnelles ont souvent prévalu ces derniers mois, le président togolais, Faure Gnassingbé, mise sur une approche pragmatique, privilégiant la stabilité du « bloc ouest-africain » aux querelles de structures.
« Nous considérons nos frères de l’AES comme des membres à part entière de la famille », a martelé Omar Alieu Touray au sortir de l’entretien. Un discours d’ouverture qui tranche avec la fermeté passée de l’organisation régionale et qui valide, de facto, la méthode togolaise : celle de la diplomatie de l’ombre et du dialogue continu.

Adapter la réponse aux « réalités émergentes »
Par ailleurs, cette nouvelle feuille de route (2026-2028) succède à une précédente stratégie lancée en 2021. Si les objectifs de sécurité demeurent, le cadre a été profondément remanié pour s’adapter à une géopolitique sahélienne en pleine mutation. Lomé ne se contente plus d’être un voisin solidaire ; il se veut aussi le garant d’une synergie d’actions entre le Sahel et le golfe de Guinée.
L’adhésion conjointe de la CEN-SAD et du Conseil de l’Entente à ce projet témoigne d’une volonté de dépasser les cadres institutionnels classiques pour créer des corridors de stabilité. Pour le Togo, il s’agit également de protéger ses propres frontières septentrionales tout en maintenant son port autonome comme le poumon économique naturel des pays enclavés du Nord.
Une reconnaissance internationale
Cette pluie de félicitations — après celles des Nations unies et de l’Union européenne — vient confirmer que la « doctrine de Lomé » séduit au-delà du continent. En réussissant à réunir autour d’une même table des organisations aux agendas parfois divergents, le Togo s’affirme comme l’un des rares acteurs capables de maintenir un lien de confiance avec les régimes de transition du Sahel tout en restant un partenaire privilégié des institutions internationales.
Reste désormais à transformer ces marques de reconnaissance en résultats concrets sur le terrain, là où la menace sécuritaire continue de mettre à l’épreuve la résilience des États.




