ABALOKOPÉ, 21 septembre 2026 — L’offensive de charme de la Chine en Afrique de l’Ouest vient de réaliser une avancée tangible. Vendredi dernier, les autorités togolaise et chinoise ont inauguré un réseau de 305 forages d’eau potable dans la région des Plateaux, concrétisant ainsi un accord signé fin 2023 entre Lomé et Pékin.
Conçu à l’origine pour livrer 300 points d’eau, le chantier piloté par le géant chinois du BTP Zhongmei Engineering Group a dépassé ses objectifs initiaux. L’opération permet d’approvisionner directement 85 villages répartis sur 12 préfectures, améliorant radicalement le quotidien des communautés locales.
L’accès à l’eau potable dans ces zones enclavées représente un levier économique majeur. Cependant, avec ces nouveaux points d’eau qui réduisent drastiquement les heures consacrées au transport manuel de l’eau, l’initiative libère un temps précieux pour la production agricole et la scolarisation des enfants.
« Pour une communauté contrainte de parcourir de longues distances à la recherche d’une eau saine, cet ouvrage représente du temps gagné, des risques réduits et de meilleures conditions de vie », a souligné le colonel Dadja Maganawe, gouverneur de la région des Plateaux, lors de la cérémonie de remise des clés à Abalokopé.
De son côté, l’ambassadrice de Chine au Togo, Wang Min, a rappelé que la sécurité hydraulique constitue la pierre angulaire du développement rural et de la souveraineté alimentaire dans une région.
Cette réalisation s’inscrit dans le cadre de la politique diplomatique offensive menée par la Chine en Afrique, axée sur le financement et la construction d’infrastructures publiques essentielles. Pour Pékin, ces projets de proximité renforcent son influence géopolitique face aux partenaires occidentaux traditionnels.
Pour le gouvernement, ce partenariat avec la Chine répond à un impératif national : garantir l’accès universel à l’eau potable d’ici 2030, une directive prioritaire du président du Conseil Faure Gnassingbé.
La résistance à long terme de cet investissement repose désormais sur la gestion opérationnelle du matériel par ces ayants droit. Les équipements — composés de pompes manuelles — nécessitent un entretien rigoureux pour éviter les pannes récurrentes qui paralysent souvent les projets d’infrastructure en zone rurale.
C’est pourquoi le Ministre Délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a vivement interpellé les comités villageois sur la responsabilité qui leur incombe.
« Un forage bien réalisé mais mal entretenu ne peut durablement produire les effets attendus. La pérennisation des investissements réalisés doit être au cœur de nos préoccupations », a-t-il averti, tout en annonçant la mise en place de structures de surveillance locale.
Finalement, le temps nous dira si ces 305 forages inaugurés à Abalokopé marquent une avancée durable ou s’ils resteront une vitrine fragile de la diplomatie des infrastructures.
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