À Tsévié, la paix ne se décrète pas depuis les institutions : elle se construit aussi dans les quartiers, les familles et les espaces de dialogue. Le 4 novembre 2026, le Réseau Paix et Sécurité pour les Femmes dans l’Espace CEDEAO, branche Togo (REPSFECO), a réuni des acteurs communautaires pour faire des femmes et des jeunes des acteurs de la prévention, et non de simples victimes des crises.
La rencontre, organisée dans la préfecture de Zio, a abordé les agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS), ainsi que la prévention des violences sexuelles et sexistes. Son objectif est clair : renforcer la cohésion sociale en donnant aux groupes habituellement écartés des décisions les moyens d’intervenir avant que les tensions ne dégénèrent.
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La paix commence dans les communautés
Le préfet de Zio, Mawouna Gadewa, a salué l’initiative et rappelé que la sécurité relève d’une responsabilité collective. Selon lui, aucune stratégie de prévention ne peut réussir si elle ignore les femmes, les jeunes, les leaders traditionnels et religieux qui vivent au contact direct des populations.
Cette approche rejoint d’ailleurs une évolution plus large au Togo. Les organisations de la société civile développent des espaces de dialogue entre jeunes et autorités sur les questions de paix et de sécurité, tandis que le pays dispose, depuis 2025, d’un plan national d’action pour promouvoir l’égalité de genre et une paix durable.
À Tsévié, le défi consiste à faire descendre ces cadres nationaux dans la vie quotidienne. Ainsi, les participants ont été appelés à identifier les signaux de tension, à favoriser la médiation et à faire remonter les préoccupations locales avant qu’elles ne se transforment en conflits ouverts.
La séance a également placé les violences sexuelles et sexistes au centre des discussions. Le préfet a demandé une mobilisation collective pour prévenir ces actes, protéger les victimes et encourager le signalement des cas.
Cette insistance répond à un enjeu de protection concret. Au Togo, les dispositifs de prise en charge existent, mais les expertes du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes ont souligné que les victimes doivent pouvoir dénoncer les faits dans un environnement sûr et accessible.
Les organisations communautaires jouent ici un rôle décisif. En effet, elles peuvent repérer précocement les situations de violence, orienter les survivantes vers les services appropriés et faire évoluer les normes sociales qui tolèrent encore certaines atteintes à la dignité des femmes et des filles.
Le message central de la rencontre dépasse la simple sensibilisation. Les femmes et les jeunes doivent participer aux mécanismes de décision, aux initiatives de médiation et aux dispositifs d’alerte précoce. Leur expérience du terrain en fait des détectrices et des détecteurs précoces des fragilités sociales.
Cette participation suppose toutefois des moyens durables. Les initiatives féministes et de jeunesse au Togo montrent qu’un financement flexible, adapté aux réalités locales, peut renforcer leur capacité à dialoguer avec les autorités et à influencer les politiques publiques.
Le préfet de Zio a invité les participants à traduire les recommandations de la rencontre en actions concrètes dans leurs communautés. C’est précisément à ce niveau que l’initiative sera jugée : non pas à la qualité des discours, mais à la capacité des habitants de Tsévié à prévenir les conflits, protéger les personnes vulnérables et faire respecter la dignité humaine.
À Tsévié, la sécurité ne se réduit donc pas à la présence des forces de l’ordre. Elle dépend aussi d’un pacte social dans lequel les femmes et les jeunes disposent d’une voix, d’une protection et d’un rôle reconnu dans la construction de la paix.
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