Togo : au Commonwealth, Lomé veut transformer son adhésion en investissements

Le Togo a utilisé le sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, clos le 4 novembre à Saint John's, pour…

Le Togo a utilisé le sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, clos le 4 novembre à Saint John’s, pour défendre une ambition précise : transformer son appartenance à ce réseau de 56 États en capitaux, en débouchés commerciaux et en financements climatiques. Représenté par le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, le pays a cherché à dépasser le symbole diplomatique afin d’inscrire son adhésion, obtenue en 2022, dans une stratégie économique concrète.

Cette édition du CHOGM, organisée du 1er au 4 novembre à Antigua-et-Barbuda, a réuni dirigeants, investisseurs, entreprises, organisations de jeunesse et société civile autour du thème : « Accélérer les partenariats et l’investissement pour un Commonwealth prospère ». Pour Lomé, l’enjeu dépasse la présence protocolaire : il s’agit de capter une part des financements et des partenariats que le Commonwealth entend mobiliser pour ses 2,7 milliards d’habitants.

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De l’adhésion au retour économique

Le Togo a rejoint le Commonwealth en juin 2022, rompant avec une diplomatie longtemps centrée sur l’Afrique de l’Ouest, l’Union européenne et les institutions multilatérales classiques. Quatre ans plus tard, la question n’est plus celle de l’entrée dans l’organisation, mais celle de ses bénéfices mesurables pour l’économie nationale.

Le sommet offrait à Lomé un cadre favorable. En effet, les discussions ont mis en avant le commerce intra-Commonwealth, l’attraction des investissements directs étrangers, l’innovation et l’emploi des jeunes. Ces priorités rejoignent les besoins d’un pays qui cherche à diversifier son économie, à attirer des capitaux et à renforcer sa position de plateforme logistique et financière en Afrique de l’Ouest.

En marge des séances officielles, Robert Dussey a multiplié les contacts avec des homologues et des partenaires institutionnels. Ces rencontres visaient à promouvoir le climat des affaires togolais, à ouvrir de nouvelles coopérations bilatérales et à présenter le Togo comme un acteur de stabilité régionale.

Le climat, un test de crédibilité

Le changement climatique a occupé une place centrale dans les travaux. Les microscopiques États insulaires, particulièrement exposés à la montée des eaux et aux catastrophes naturelles, ont rappelé l’urgence d’un accès plus rapide aux financements verts. Leur situation confère un poids politique à l’ensemble des demandes de financement climatique formulées au sein de l’organisation.

Pour le Togo, l’enjeu est différent, mais tout aussi concret. Le pays doit financer l’adaptation de son agriculture, protéger ses zones côtières et renforcer la résilience de ses infrastructures. Le Commonwealth peut lui offrir des canaux supplémentaires de coopération technique et de mobilisation financière, à condition que Lomé présente des projets bancables et des résultats vérifiables.

Le message du sommet était limpide : les engagements climatiques ne suffisent plus. Ainsi, les dirigeants ont appelé à des partenariats entre États, entreprises et bailleurs afin de financer des solutions dans les domaines du climat, du commerce et de l’emploi des jeunes.

Une diplomatie qui doit produire des résultats

La participation togolaise s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des alliances. En s’affirmant comme un pays de dialogue et de médiation, Lomé cherche à renforcer son attractivité auprès des investisseurs tout en consolidant son influence diplomatique en Afrique de l’Ouest et au-delà.

Cette approche comporte toutefois une exigence : la diplomatie doit désormais se traduire par des projets, des emplois et des financements. Le CHOGM a mis l’accent sur la jeunesse, l’innovation technologique et l’inclusion économique, des domaines dans lesquels le Togo dispose d’une population jeune, mais doit encore créer suffisamment d’opportunités durables.

En somme, le sommet s’est achevé sur un programme destiné à stimuler les échanges et les investissements entre les États membres. Pour le Togo, la véritable mesure du succès viendra dans les mois à venir : accords signés, capitaux mobilisés, projets climatiques financés et entreprises étrangères implantées. Le Commonwealth a offert au Togo une tribune mondiale. Désormais, il revient à Lomé de prouver que cette tribune peut devenir un véritable levier de prospérité pour ses citoyens.

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