Vingt-quatre orphelinats visités, près de 1 400 enfants examinés, une coopération engagée depuis 1974 : au moment où la dernière équipe médicale chinoise en poste à Lomé et à Kara achève sa mission, le bilan dépasse largement la cérémonie protocolaire qui l’a marquée, lundi 31 août.
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Lomé, 22 septembre 2026 — Dans les couloirs de vingt-quatre orphelinats togolais, des enfants ont vu passer, tout au long de l’année écoulée, des médecins venus de plus de dix mille kilomètres. Munis de stéthoscopes, de carnets de consultation et de caisses de médicaments, les membres de la dernière équipe médicale chinoise en poste au Togo ont examiné, soigné et suivi près de 1 400 mineurs en situation de vulnérabilité, dans le cadre du programme « Agissons ensemble ». Lundi 31 août, leur mission d’un an a pris fin lors d’une cérémonie organisée à Lomé, où le gouvernement togolais leur a rendu un hommage officiel.
La cérémonie, présidée par la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Martine Moni Sankaredja-Sinandja, s’est tenue en présence de l’ambassadrice de la République populaire de Chine au Togo, Wang Min. Mais derrière le faste protocolaire, ce sont des chiffres précis qui résument le travail accompli : vingt-quatre structures d’accueil pour enfants visitées, des examens médicaux complets réalisés et une distribution de médicaments ainsi que de produits de première nécessité au bénéfice de près de 1 400 enfants vulnérables. Chaque membre de l’équipe médicale a, par ailleurs, reçu à titre individuel un prix de la solidarité, en reconnaissance de son engagement auprès des orphelinats et autres structures d’accueil du pays.
Cette mission ne constitue pas un cas isolé. La présence de personnel médical chinois au Togo remonte à 1974, année où les deux pays ont noué leurs premiers échanges dans le domaine sanitaire. Depuis, les équipes se sont succédé sans interruption majeure, année après année, couvrant progressivement l’ensemble du territoire togolais. Par ailleurs , les rotations, le plus souvent composées de spécialistes en médecine interne, chirurgie, gynécologie, orthopédie ou encore acupuncture, sont traditionnellement issues d’hôpitaux de la province chinoise du Shanxi, jumelée de longue date avec le secteur sanitaire togolais. Les équipes se répartissent habituellement entre le centre hospitalier régional de Lomé-Commune et celui de Kara-Dondai, avant que des missions ponctuelles ne les conduisent vers des zones rurales moins pourvues en infrastructures médicales.
Le Shanxi : Épicentre de la coopération médicale chinoise en Afrique
Le Shanxi ne concentre pas son effort sur le seul Togo. Depuis 1975, la province a détaché une soixantaine d’équipes vers plusieurs pays africains, Cameroun et Djibouti compris, pour un total cumulé de près de 1 500 professionnels envoyés sur le continent. Ce modèle, financé par les autorités provinciales chinoises et validé par les gouvernements hôtes, s’inscrit dans une politique d’aide sanitaire que Pékin déploie en Afrique depuis les années 1960 — l’un des plus anciens outils de sa coopération avec le continent.
Au-delà de l’aspect humanitaire, cette présence médicale continue s’inscrit dans une stratégie d’influence assumée par Pékin. Les missions médicales comptent, avec les infrastructures et les bourses d’études, parmi les instruments les plus anciens et les plus visibles de la coopération sino-africaine. Pour le Togo, qui multiplie actuellement les partenariats internationaux — sa participation, fin août, au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai aux côtés de l’Égypte en constitue une illustration récente —, cette continuité sanitaire chinoise reste un point d’ancrage discret mais constant dans la relation bilatérale.
« La ministre a salué un demi-siècle de solidarité ininterrompue entre Lomé et Pékin. » — Martine Moni Sankaredja-Sinandja, ministre des Solidarités
Avant la remise des attestations, la ministre togolaise et l’ambassadrice chinoise se sont entretenues en tête-à-tête sur les actions déjà menées en faveur des populations vulnérables et sur les projets à venir. Mme Sankaredja-Sinandja y a exprimé, au nom du gouvernement conduit par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, la gratitude de Lomé envers Pékin pour un engagement qu’elle a qualifié de constant depuis un demi-siècle. De son côté, l’ambassadrice Wang Min a salué le travail de l’équipe distinguée par le ministère, y voyant la marque du professionnalisme des médecins chinois autant que de la solidité du partenariat sanitaire entre les deux pays.
« L’ambassadrice Wang Min y voit la reconnaissance du professionnalisme des médecins chinois. » — Wang Min, ambassadrice de Chine au Togo
Et la suite ?
Aucun calendrier n’a été communiqué pour l’arrivée d’une nouvelle équipe médicale chinoise au Togo. Mais la régularité des rotations observée depuis 1974, sans interruption significative en cinq décennies, laisse présager une continuité de cet engagement. En attendant, ce sont les 1 400 enfants accompagnés cette année, dans les orphelinats de Lomé, de Kara et d’ailleurs, qui restent la mesure la plus tangible d’une coopération que les seuls discours officiels peinent à résumer.
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