Afrique du Sud : Le cri de Julius Malema face au poison de la xénophobie

Alors que le pays s’enfonce dans une crise identitaire et sociale profonde en ce début mai 2026, le leader des…

Alors que le pays s’enfonce dans une crise identitaire et sociale profonde en ce début mai 2026, le leader des Economic Freedom Fighters (EFF) brise l’omerta politique. Dans un plaidoyer vibrant, il renvoie les dirigeants africains et la société sud-africaine à leurs responsabilités, dénonçant une « manipulation héritée de l’apartheid ».

L’atmosphère est électrique dans les townships du Gauteng. Le 4 mai 2026, alors que des rumeurs de « shutdown » national circulent, Julius Malema a choisi de porter un discours de vérité radicale. Loin du populisme facile qui désigne le migrant comme la source de tous les maux, le « Commander in Chief » des EFF a livré une analyse chirurgicale des fractures qui déchirent la nation arc-en-ciel.

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Le migrant, bouc émissaire d’un État défaillant

Pour Julius Malema, l’hostilité envers les Nigérians ou les Zimbabwéens n’est qu’un écran de fumée. « L’État vous éloigne des vraies raisons de votre chômage », a-t-il lancé avec véhémence. Selon lui, cette violence est « parrainée par l’État et par le capital » pour masquer l’absence criante d’opportunités économiques.

Le constat est d’une froideur mathématique : ce ne sont pas les autres Africains qui ont spolié les terres ou confisqué les richesses, mais bien un système hérité de la dépossession coloniale. Malema rappelle une vérité historique souvent occultée : les emplois occupés par les migrants sont souvent des « emplois d’esclaves » que les Sud-Africains refusent à juste titre, conscients de leur propre valeur.

« Il n’y a pas de Zimbabwéen qui vous ait pris vos terres… Il n’y a juste pas d’emplois. »

La « manipulation » de l’apartheid : un héritage toxique

L’aspect le plus frappant du discours de Malema réside dans sa lecture historique. Il affirme que les divisions actuelles s’inscrivent dans un « schéma historique de manipulation hérité de l’apartheid ». L’objectif, hier comme aujourd’hui, est de monter les communautés noires les unes contre les autres afin de détourner l’attention des inégalités structurelles.

Cette « violence noire contre les Noirs » est, selon lui, une réédition des tactiques utilisées par l’ancien régime pour maintenir le contrôle. En s’attaquant à ceux qui « ressemblent à nos propres enfants », la société sud-africaine ne fait que prolonger sa propre aliénation.

Mourir avec une conscience claire : l’éthique au-dessus des votes

Dans un paysage politique qui accepte souvent toutes les compromissions pour grappiller des voix à l’approche des scrutins, Malema lance un pari risqué par sa position. « Je ne peux jamais renier un Africain à cause des votes », déclare-t-il, tout en affirmant qu’il préfère perdre l’élection plutôt que de bâtir son succès sur la haine de l’autre.

Ce refus de la démagogie xénophobe est aussi un défi direct aux dirigeants du continent. Malema dénonce une classe politique qui privilégie le pouvoir au détriment des populations, quitte à laisser une femme enceinte sans médicaments simplement parce qu’elle vient d’un pays voisin.

« Je ne veux pas vos votes s’ils sont teintés de haine. » a-t-il conclu. 

 

Un miroir tendu aux dirigeants africains

Si le discours s’adresse aux Sud-Africains, il résonne comme un réquisitoire contre l’immobilisme des États du continent. En soulignant que « nous ne faisons qu’un », Malema pointe du doigt l’échec d’une intégration africaine qui reste lettre morte dans les chancelleries.

Pendant que les migrants se font tuer ou chasser, le silence ou l’impuissance des gouvernements à rapatrier leurs ressortissants ou à exiger leur protection renforce le sentiment d’abandon. Pour le leader des EFF, être Africain doit être placé « au-dessus des votes ».

En ce 4 mai 2026, l’Afrique du Sud est à la croisée des chemins. Entre la tentation du repli identitaire violent et l’appel à une solidarité continentale exigeante, la voix de Malema rappelle que les racines du mal sont à chercher dans l’échec de la transformation économique, et non chez le voisin venu chercher un avenir.

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