LOMÉ, 23 septembre 2026 — Les ambitions environnementales quittent les cartons pour intégrer le terrain. Alors que la pression démographique et le changement climatique menacent les écosystèmes du pays, les partenaires internationaux et les autorités togolaises accélèrent le pas. Mardi, des représentants de l’Union européenne, des experts techniques et des cadres ministériels se sont réunis dans la capitale pour finaliser la feuille de route opérationnelle du programme PALCC+/INCLURE, un Projet stratégique doté d’un budget stratégique de 42,04 millions d’euros (environ 27,5 milliards de francs CFA).
L’enjeu dépasse la mesure conservatoire : il s’agit de restructurer le modèle économique des zones rurales bordant les grands joyaux naturels du pays d’ici à 2031.
D’ailleurs, l’atelier de Lomé marque une rupture dans la méthode. Finies les phases d’études prospectives : l’alliance financée par l’Union européenne et le Grand-Duché de Luxembourg exige désormais des résultats quantifiables.
Lors de son intervention, le chargé d’affaires par intérim de la Délégation de l’UE a fermement rappelé l’exigence centrale de cette nouvelle étape : transformer le plan de travail en un instrument rigoureux de suivi-évaluation. L’Agence luxembourgeoise de coopération (LuxDev), chargée d’exécuter le programme aux côtés du ministère de l’Environnement, devra ainsi s’appuyer sur des indicateurs précis pour mesurer, chaque trimestre, l’impact réel des interventions sur le couvert végétal et les conditions de vie locales.
Une ceinture de protection du Nord au Sud
Le programme déploie une stratégie d’intervention ciblée sur quatre sanctuaires écologiques majeurs de la nation :
Au Sud : la forêt classée de Missahoé et le complexe d’aires protégées de Togodo.
Au Centre et au Nord : la réserve de faune d’Abdoulaye et le vaste parc national de Fazao-Malfakassa.
S’inscrivant dans le cadre de l’initiative panafricaine NaturAfrica, le dispositif vise à restaurer la biodiversité dégradée tout en garantissant les services écosystémiques essentiels, notamment la protection des sols et la régulation des cours d’eau.
Pour enrayer le braconnage et la déforestation illégale, PALCC+/INCLURE refuse l’approche de la « conservation sanctuarisée », qui exclut les populations. Le projet intègre directement 19 communes et leurs communautés riveraines.
Le programme s’articule autour du développement d’une économie verte inclusive. Concrètement, l’action se déploiera autour du financement d’éco-filières de substitution, de la modernisation des infrastructures de salubrité dans les centres urbains périphériques, et du renforcement des capacités techniques des institutions locales. En associant protection de la nature et création de richesses locales, les décideurs font ainsi le pari que la sauvegarde de la faune et de la flore deviendra le moteur du développement régional.
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