Face à un contexte international marqué par les incertitudes économiques, Lomé et ses partenaires européens inaugurent un cadre de concertation inédit destiné à fluidifier les investissements, renforcer le climat des affaires et faire du secteur privé un levier de transformation économique.
LOMÉ, 29 juin 2026 – Dans un environnement mondial où les flux d’investissements se redessinent et où les États africains rivalisent pour attirer les capitaux étrangers, le Togo entend consolider son attractivité économique. Le lancement officiel d’un dialogue permanent entre le gouvernement, l’Équipe Europe et Eurocham Togo illustre cette volonté de bâtir une relation plus étroite avec les investisseurs européens, au-delà de la coopération traditionnelle.
Réuni pour la première fois vendredi 26 juin à Lomé, ce nouveau cadre de concertation se veut un espace de dialogue régulier entre les pouvoirs publics et le secteur privé européen. Son ambition est double : lever les obstacles auxquels sont confrontées les entreprises déjà implantées dans le pays et créer un environnement plus favorable à l’arrivée de nouveaux investisseurs.
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Présidée par la ministre, Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Dr Sandra Ablamba Johnson, au nom du Président du Conseil, cette première session a rassemblé des représentants du gouvernement togolais, de l’Union européenne, d’Eurocham Togo, des États membres de l’Équipe Europe ainsi que des acteurs du secteur privé.
Si les relations entre le Togo et l’Union européenne sont anciennes, les autorités souhaitent désormais leur donner une dimension davantage économique. Le dialogue instauré, appelé à se tenir deux fois par an, vise à instaurer un mécanisme permanent de concertation fondé sur la prévisibilité, le suivi des engagements et la recherche de solutions concrètes aux préoccupations des investisseurs.
L’objectif affiché est de transformer la qualité du climat des affaires en investissements créateurs de valeur, tout en favorisant une meilleure intégration des entreprises togolaises dans les chaînes de production.
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse l’afflux de capitaux. Les nouveaux investissements devront également favoriser le transfert de compétences, soutenir le développement des PME locales, promouvoir le contenu local et renforcer durablement les recettes publiques.
Capitaliser sur les réformes engagées
Ce dialogue intervient alors que le Togo poursuit une série de réformes destinées à améliorer son environnement des affaires. Digitalisation des services publics, simplification des procédures administratives, modernisation du système fiscal : autant de mesures que les autorités présentent comme des leviers destinés à renforcer la confiance des investisseurs.
À l’ouverture des travaux, Dr Sandra Ablamba Johnson a estimé que ces réformes traduisent la volonté du gouvernement de placer le secteur privé au cœur de la stratégie nationale de croissance. Selon elle, le nouveau mécanisme de concertation doit permettre de faire émerger des projets structurants capables de générer des emplois durables, notamment au profit des jeunes.
Pour la Ministre, Secrétaire générale de la Présidence, ces efforts ne relèvent pas de l’affichage. Elle a ainsi rappelé avec force :
« Les réformes engagées ont permis de consolider le cadre macroéconomique de notre pays et d’améliorer son attractivité… Ces résultats ne sont pas simplement des distinctions honorifiques. Ils témoignent d’une volonté constante d’offrir aux investisseurs un cadre toujours plus favorable à l’initiative privée ».
Cette nouvelle dynamique s’inscrit également dans la stratégie Global Gateway, à travers laquelle l’Union européenne prévoit de mobiliser plus de 150 milliards d’euros en Afrique entre 2021 et 2027 afin de soutenir des investissements dans les infrastructures, l’énergie, le numérique, les transports et les secteurs productifs.
Pour Lomé, ce programme représente une opportunité d’accélérer des projets structurants tout en renforçant le rôle du pays comme plateforme économique régionale.
L’ambassadeur de l’Union européenne au Togo, Gwilym Ceri Jones, a souligné que ce dialogue devait permettre de mieux articuler les investissements publics et privés afin d’en maximiser les retombées économiques. Il a également insisté sur la nécessité d’un cadre de concertation pragmatique, orienté vers des résultats mesurables.
« Une nouvelle dynamique est lancée aujourd’hui . Elle se veut structurée, soutenue et surtout très concrète. Notre ambition est claire, et elle est partagée : encourager davantage d’investissements européens au service de la croissance et de l’emploi au Togo. »
Le pari de la plateforme logistique régionale
Au cours des échanges, les participants ont également mis en avant les atouts géographiques du Togo. Grâce au Port de Lomé, à sa position stratégique sur le corridor Abidjan-Lagos et aux investissements réalisés ces dernières années dans les infrastructures portuaires, énergétiques et numériques, le pays ambitionne de consolider son statut de hub logistique en Afrique de l’Ouest.
Cette position pourrait favoriser l’installation de nouvelles industries et renforcer les chaînes de valeur régionales dans des secteurs tels que la logistique, le transport, l’agro-industrie, les services ou encore la transformation manufacturière.
Une présence européenne déjà structurante
Les entreprises européennes occupent déjà une place significative dans l’économie togolaise. Selon une étude de l’Union européenne, près de 312 entreprises européennes, dont 46 filiales de groupes internationaux, sont implantées dans le pays.
Présentes dans des domaines aussi divers que la logistique, l’énergie, le BTP, l’agroalimentaire, les technologies ou encore les services, elles génèrent un chiffre d’affaires estimé à 800 milliards de FCFA. Elles représentent également plus de 9 000 emplois directs et 25 000 emplois indirects, tandis qu’environ 90 000 producteurs togolais sont intégrés aux chaînes de valeur agro-industrielles qu’elles soutiennent.
Ces entreprises figurent par ailleurs parmi les principaux contributeurs fiscaux du pays, confirmant leur rôle dans le financement de l’économie nationale.
L’institution de ce dialogue permanent marque une évolution dans les relations économiques entre le Togo et ses partenaires européens. Pour les autorités comme pour les entreprises, la réussite de cette initiative dépendra toutefois de sa capacité à produire des résultats tangibles.
Dans un contexte où les investisseurs privilégient les marchés offrant stabilité, visibilité réglementaire et sécurité juridique, le nouveau cadre de concertation devra rapidement produire des résultats concrets pour convaincre de son efficacité. Sa crédibilité se mesurera moins à la régularité des rencontres qu’à sa capacité à déboucher sur de nouveaux investissements, à soutenir la compétitivité des entreprises et à contribuer durablement à la transformation de l’économie togolaise.
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