Financés sur fonds propres de l’État togolais pour un montant proche d’un milliard de francs CFA, des kits complets d’installation professionnelle ont été remis lundi à Kara à 125 bénéficiaires en situation de handicap, dans le cadre d’un projet national appelé à couvrir l’ensemble des régions du pays.
Dans la cour du gouvernorat de la région de la Kara, ils étaient 125, répartis dans 25 corps de métier, à recevoir lundi matin ce qui représente, pour beaucoup, la concrétisation de plusieurs mois de formation : des kits complets de matériel d’installation professionnelle, comprenant les outils, équipements et accessoires nécessaires à l’ouverture d’un atelier. En parallèle, les autorités ont remis 180 technologies d’assistance — béquilles, cannes blanches, fauteuils roulants et tricycles — pour atténuer les difficultés de mobilité qui freinent, au quotidien, l’accès des personnes handicapées à la vie économique.
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Cette remise officielle s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui à l’insertion socioprofessionnelle des personnes handicapées au Togo (PAISPHT). Doté d’une durée de trente-six mois, ce projet relève du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, qui en assure la maîtrise d’œuvre. Particularité notable de cette initiative : contrairement à d’autres programmes similaires souvent adossés à l’aide internationale, l’État togolais en assure intégralement le financement, pour un investissement total avoisinant le milliard de francs CFA.
« Ces kits ouvrent à chacun la voie vers la concrétisation de son projet d’atelier et vers une autonomie socioprofessionnelle durable », a déclaré Martine Moni Sankaredja, ministre des Solidarités.
Une ministre et un gouverneur autour d’un même signal politique
La ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Martine Moni Sankaredja, a présidé la cérémonie de remise en présence du gouverneur de la région de la Kara, le Général Komlan Adjitowou, ainsi que de plusieurs autorités locales et régionales. Dans son intervention, elle a mis en avant la cohérence de cette action avec les engagements pris par le gouvernement en matière de protection des personnes vulnérables et de promotion du travail inclusif.
De son côté, le gouverneur Adjitowou a insisté sur la portée sociale de la démarche. Il a souligné l’impact attendu de ces dotations, non seulement sur l’autonomie individuelle des bénéficiaires, mais aussi sur l’épanouissement collectif et, plus particulièrement, sur les perspectives offertes à la jeunesse en situation de handicap dans une région septentrionale où l’emploi formel demeure limité.
Une diversité de profils au service du tissu économique local
Les kits remis couvrent une large palette de 25 corps de métier, reflétant la diversité des formations suivies par les bénéficiaires. Aux métiers artisanaux traditionnels tels que la couture, la coiffure, la menuiserie ou la maçonnerie s’ajoutent des filières techniques et de services comme l’électricité bâtiment, la plomberie, la mécanique automobile, la restauration ou encore l’informatique. Cette diversité sectorielle vise à favoriser l’insertion des nouveaux artisans dans les différents segments de l’économie locale de la Kara.
La région de la Kara a été choisie pour inaugurer le volet « remise de matériel » du PAISPHT. La cérémonie du 23 juin marque ainsi le coup d’envoi d’une initiative destinée à s’étendre progressivement à l’ensemble des régions du Togo. Cette montée en charge répond à une logique de déploiement par étapes, désormais classique dans la conduite des projets sociaux d’envergure nationale. Reste toutefois la question du calendrier : les autorités n’ont communiqué aucun échéancier précis concernant les régions Maritime, des Plateaux, Centrale et des Savanes à l’issue de la cérémonie.
Ce lancement intervient alors que les politiques de l’emploi au Togo ont longtemps laissé en marge l’insertion socioprofessionnelle des personnes handicapées. Malgré les réformes engagées ces dernières années, les personnes en situation de handicap continuent de se heurter à des barrières — physiques, sociales et institutionnelles — qui limitent durablement leur participation à la vie économique, comme l’avaient rappelé, en mai dernier, les organisateurs du forum régional de l’emploi à Kara, porté par Handicap International et la GIZ. L’initiative gouvernementale vient ainsi compléter un écosystème d’appui qui associe depuis plusieurs années acteurs publics, organisations non gouvernementales et partenaires de la coopération internationale.
Un investissement souverain pour réduire la dépendance à l’aide extérieure
Le choix d’un financement exclusivement national mérite d’être souligné. Dans un secteur où l’essentiel des programmes d’inclusion du handicap repose sur des bailleurs extérieurs — l’USAID, la coopération allemande via la GIZ ou encore le système des Nations unies —, la décision du gouvernement togolais d’inscrire le PAISPHT dans son propre budget constitue un signal politique. Le projet figure d’ailleurs parmi les priorités d’exécution identifiées lors de la revue annuelle des activités 2025 du ministère des Solidarités, aux côtés du Projet d’autonomisation des femmes rurales (PAFeRT), confirmant ainsi son ancrage dans la feuille de route ministérielle pour 2026.
L’objectif affiché est ambitieux : permettre à plus d’un million de personnes handicapées de lancer ou de développer des activités génératrices de revenus, selon les termes employés par la République togolaise pour présenter le projet. Ce chiffre — qui correspond approximativement à l’ensemble de la population togolaise vivant avec un handicap, d’après les estimations disponibles — laisse entrevoir que la cérémonie de Kara ne constitue qu’un premier jalon d’un programme d’une ampleur bien supérieure aux 125 bénéficiaires de cette première phase de déploiement.